UniCredit sauve la face au quatrième trimestre
Contrairement à de nombreux rivaux européens, UniCredit n’a pas perdu d’argent au quatrième trimestre de l’exercice 2011, alors que le contexte était encore marqué par la crise de la dette souveraine de la zone euro. La banque italienne a enregistré 114 millions d’euros de bénéfice net. Si ce montant marque un recul de 64,5% par rapport à la même période de l’année précédente, il reste nettement supérieur au consensus de 30 millions des analystes.
La baisse est en partie le résultat de la dépréciation des obligations d’Etat grecques (qui amputé le bénéfice net de 70 millions d’euros) et des coûts de restructuration (pour 63 millions). UniCredit a en effet annoncé un plan de 6.150 suppressions d’emplois en novembre dernier, ainsi que son intention de réduire la voilure en banque d’investissement.
Mais ces éléments représentent peu face aux 8,67 milliards de dépréciations de survaleurs enregistrées au troisième trimestre, qui ont contribué à lui faire perdre 10,7 milliards pendant cette période. Pour l’ensemble de l’année, les comptes d’UniCredit ont subi au total 10,3 milliards d’euros d’éléments exceptionnels. Sans surprise, l’établissement affiche donc une perte importante pour l’ensemble de l’année (9,2 milliards), pour des revenus de 25,2 milliards. En 2010, il avait dégagé un bénéfice net de 1,32 milliard d’euros; les éléments exceptionnels, positifs et négatifs, mis bout à bout avaient eu un effet négatif de 206 millions sur le résultat.
Sa principale rivale Intesa a, elle aussi, annoncé jeudi dernier d’importantes dépréciations de survaleurs pour 10,2 milliards d’euros nets, passées au dernier trimestre 2011. Monte dei Paschi doit publier ses comptes demain et en faire de même.
L’augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros – menée en janvier dernier consécutivement au nettoyage radical de son bilan via ses survaleurs – permet à UniCredit d’améliorer sensiblement son ratio de fonds propres core tier one: il est passé de 8,58% au 31 décembre 2010 à 9,97% un an plus tard si l’on prend en compte rétrospectivement l’opération.
La banque a envoyé d’autres signes positifs au marché: le montant des provisions pour coût du risque a reculé de 6,2% en 2011 (à 718 millions) et de 82% du troisième au quatrième trimestre. Le ratio prêts sur dépôts s’est amélioré de trois points, passant de 143% à 140%. Le titre a gagné jusqu'à 3,48% hier, pour clore la séance en hausse de 0,1% à 3,97 euros.
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