UniCredit poursuit l’optimisation de son bilan en attendant la revue de la BCE
La pression des autorités, Banque d’Italie, BCE ou EBA (Autorité bancaire européenne), donne des ailes à l’imagination des banques européennes pour renforcer leurs bilans. Hier, UniCredit a levé le voile sur une nouvelle opération d’optimisation. La banque italienne a indiqué avoir cédé le risque junior et mezzanine d’un portefeuille de financement de projets italiens d’une valeur de 910 millions d’euros. Un portefeuille orienté selon le Financial Times sur les infrastructures des secteurs de l’énergie et des transports.
Le risque est transmis à deux fonds gérés par le gestionnaire alternatif américain Mariner Investment Group. Les détails financiers de l’opération n’ont pas été divulgués. Il s’agit selon la banque milanaise «d’optimiser davantage encore l’allocation du capital, conformément à la stratégie d’améliorer la rentabilité ajustée du risque». UniCredit assure ainsi que «le capital libéré sera redéployé vers la croissance d’autres activités».
Le mois dernier déjà, la banque italienne avait fait part de la cession à Cerberus d’un portefeuille de prêts douteux d’une valeur brute de 950 millions d’euros. UniCredit a ainsi poursuivi hier un objectif de cession d’actifs risqués et longs, particulièrement visés par les régulateurs. La banque peut dès lors accorder des prêts aux entreprises italiennes au moment où l’économie nationale montre des signes de reprise, un mouvement vu d’un bon œil comme un soutien par la Banque d’Italie.
De quoi améliorer le profil du bilan à la veille de la revue de qualité des actifs (AQR, Asset quality review) de la BCE. En novembre, l’administrateur délégué d’UniCredit, Federico Ghizzoni, avait assuré attendre cet exercice «avec confiance», le considérant personnellement «comme une opportunité - et non comme un risque – car il est important pour l’ensemble du secteur bancaire européen de confirmer, une fois pour toutes, sa crédibilité».
Les investisseurs comme Cerberus et Mariner sont il est vrai friands de telles opérations. Comme l’a confié un porte-parole d’UniCredit à Reuters, la transaction dévoilée hier «souligne le fort intérêt des investisseurs étrangers pour les actifs italiens» et ne devrait pas être la dernière. Mariner a par ailleurs annoncé la création d’un fonds de 450 millions de dollars dédié à des opérations de partage des risques par les banques européennes.
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