UniCredit obtient le feu vert de la BCE pour monter à 29,9% de Commerzbank
UniCredit franchit une étape supplémentaire dans ses ambitions sur Commerzbank.
La banque italienne a obtenu de la Banque centrale européenne l’autorisation de grimper à 29,9% du capital de sa concurrente allemande, a-t-elle annoncé vendredi matin. Le groupe dirigé par Andrea Orcel a commencé à construire une participation au sein de Commerzbank l’an dernier en vue de, potentiellement, lancer une offre de rachat.
Mi-décembre, UniCredit détenait 9,5% du capital en direct et 18,5% via des produits dérivés. La banque a toutefois indiqué qu’elle devait encore obtenir plusieurs autorisations pour transformer ces dérivés en «actions physiques», et notamment celle de l’Autorité allemande des cartels.
Avant d’envisager d’aller plus loin concernant le dossier Commerzbank, le groupe souhaite par ailleurs «entamer un dialogue constructif avec le nouveau gouvernement allemand une fois formé». Il attend également de voir si le plan de développement annoncé par la banque allemande en février et qui a permis une hausse de la valorisation boursière est «réalisable et, par conséquent, si cette appréciation du cours est justifiée et durable».
Après 2025
Dans ce contexte, UniCredit estime que le «calendrier initial pour décider de procéder ou non à une éventuelle fusion risque désormais de s’étendre bien au-delà de la fin de 2025». Mi-février, Andrea Orcel avait indiqué qu’il se donnait entre trois et cinq trimestres pour prendre une décision concernant Commerzbank.
La banque italienne a en parallèle lancé un projet d’OPA sur sa compatriote Banco BPM. Sur ce sujet, elle a indiqué jeudi soir avoir obtenu l’autorisation de la BCE pour émettre de nouvelles actions considérées comme des fonds propres de niveau 1 (CET1) dans le cadre de l’offre sur Banco BPM. En novembre dernier, le groupe a en effet proposé de reprendre son concurrent via un paiement uniquement en nouveaux titres Unicredit.
La banque organisera une assemblée générale extraordinaire le 27 mars afin de donner l’autorisation au conseil d’administration de lancer une telle augmentation de capital.
A la suite de ces annonces, le titre UniCredit a progressé de 3,25% à Milan vendredi, Banco BPM de 2,4% et Commerzbank de 2,5%.
Banco BPM est en bonne voie pour reprendre Anima
La société de gestion italienne Anima, qui fait l’objet d’un projet d’OPA de la part de Banco BPM – lui-même ciblé par UniCredit -, a jugé jeudi soir que l’offre de la banque italienne était «appropriée».
Après avoir initialement proposé 6,2 euros par action Anima, Banco BPM a relevé son offre de 13%, à 7 euros, en février dernier. Elle sera ouverte du 17 mars au 4 avril prochain, a indiqué la banque italienne qui détient déjà 22% du capital de sa cible.
En début d’année, le patron d’UniCredit avait de son côté émis des doutes au sujet de cette opération en évoquant notamment «des rumeurs» suggérant que Banco BPM pourrait ne pas bénéficier d’un effet comptable favorable connu sous le nom de «compromis danois», ce qui compromettrait l’opération.
Plus d'articles du même thème
-
L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
Dans un contexte de plus en plus tendu pour la dette française, les investisseurs s'inquiètent des liens entre les banques et l'Etat. Au-delà de la détention de bons du Trésor, il n'est toutefois pas aisé de les établir avec précision. La Banque Postale et les banques mutualistes semblent malgré tout plus exposées que la Société Générale et BNP Paribas. -
Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Les marchés monétaires sont longtemps restés plutôt calmes en zone euro, sous l’effet des achats de la Banque centrale européenne (BCE) en 2020-2022. Aujourd'hui, la volatilité sur les taux interbancaires fait ressurgir le spectre d’une instabilité financière. -
Stanislas Barthelemi (Adan) : «Il y a une diversification des acteurs dans l’écosystème des crypto»
A l’occasion de la première édition de Bank Acceleration, Stanislas Barthelemi, président de l’Adan, a fait le point sur les évolutions en cours au sein de l’écosystème des professionnels des actifs numériques. Il souligne notamment une diversification à la fois dans la typologie des acteurs, avec l’arrivée des banques traditionnelles, mais aussi dans les univers d’investissement ciblés.
ETF à la Une
T. Rowe Price entre sur le marché européen des ETF actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Contenu de nos partenaires
-
Net et sans bavurePrimaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann plébiscité mais après ?
Avec 66 % des votants, le leader de Place publique a surclassé Olivier Faure dès le premier tour. Mais à peine son investiture acquise, certains dans son camp se chargeront de dynamiter cette rampe de lancement -
EditorialAccord Trump-Poutine : LFI et le RN face à leurs ambiguïtés sur l’Ukraine
Sans le faire exprès, l'Américain s’est peut-être invité dans la campagne présidentielle car cet accord peut agir comme un piège pour quiconque cultiverait une quelconque ambivalence sur la Russie -
Crise de croissanceLe régime des micro-entrepreneurs, ce très onéreux dispositif
Les inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF) dressent un portrait sévère de ce régime fiscal simplifié