Le patron d’UniCredit entrouvre la porte à un relèvement de l’offre sur Banco BPM
Un début de commencement de concession. Alors qu’il s’était montré inflexible jusque-là, le directeur général d’UniCredit, Andrea Orcel, a un peu ouvert la porte à une augmentation du prix qu’il propose pour reprendre son concurrent et compatriote Banco BPM.
Dans une interview accordée à Bloomberg TV, il a indiqué que les conditions proposées en novembre dernier lors de l’annonce du projet d’OPA étaient «un point de départ équilibré», laissant ainsi entendre que la proposition pouvait évoluer. Le patron d’UniCredit a toutefois jugé qu’il était «prématuré» de prendre une décision sur une potentielle amélioration, indique l’agence financière.
Il y a un peu moins de deux mois, la banque italienne a offert de reprendre sa compatriote en échange d’actions UniCredit, à raison de 0,175 titre pour chaque action Banco BPM. A l’époque, cette proposition, qui s’est attiré les foudres du conseil d’administration de Banco BPM, représentait déjà une prime proche de zéro pour les actionnaires de la cible. Au cours actuel des deux actions, elle affiche désormais une décote. En effet, 17,5% du prix d’un titre UniCredit de 43 euros, soit 7,5 euros, est 10% inférieur au cours de l’action Banco BPM qui valait 8,3 euros mardi en milieu de journée.
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Doutes sur l’opération Anima
Face à ce constat, Andrea Orcel estime que le prix proposé offre une prime de 20% sur la base des cours des deux banques un mois avant l’annonce de l’OPA. Auprès de Bloomberg, il juge aussi que son groupe est «significativement sous-évalué» alors que Banco BPM serait «correctement évalué voire surévalué». L’homme fort d’UniCredit s’interroge notamment sur le projet de rachat de la société de gestion Anima par Banco BPM. Selon lui «des rumeurs» suggéreraient que la banque pourrait ne pas bénéficier d’un effet comptable favorable connu sous le nom de «compromis danois», ce qui compromettrait l’opération.
Avant de se prononcer sur une éventuelle révision à la hausse de son prix sur Banco BPM, Andrea Orcel a ainsi indiqué sur Bloomberg TV vouloir voir comment les deux banques «performent aux premier et deuxième trimestres et si [le rachat d’Anima] est réalisé ou non».
Concernant une possible opposition des autorités italiennes au rapprochement entre les deux banques, Andrea Orcel s’est montré confiant, voyant même le processus de «Golden Power» lancé par le gouvernement, qui lui confère des pouvoirs spéciaux de contrôle, comme l’opportunité d’expliquer l’opération à l’exécutif de la Péninsule, a-t-il déclaré à Bloomberg.
Fin 2024, Rome avait réservé un accueil mitigé au projet d’UniCredit, le Trésor italien envisageant plutôt un rapprochement entre Banco BPM et Monte dei Paschi di Siena (MPS).
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