UniCredit met un point final à son augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros
UniCredit peut souffler. Au terme d’un parcours chaotique - le titre s’est effondré de près de 40% les jours suivant l’annonce des détails de l’opération - la banque italienne a réussi son augmentation de capital. Elle a indiqué vendredi avoir enregistré un taux de souscription de 99,8%, soit un placement de 3,85 milliards d’actions nouvelles, pour un total de 7,48 milliards d’euros. Le solde, soit 0,2% des titres offerts pour un montant de 17,9 millions d’euros, sera proposé dans les prochains jours. L’offre a été garantie par un syndicat de 26 établissements emmené par Bank of America et Mediobanca.
Le groupe bancaire est parvenu à s’extraire de conditions de marché difficiles, capitalisant au passage l’amélioration du sentiment des investisseurs envers l'économie italienne. A 1,94 euro par titre nouveau, l’offre représentait une décote de 43% sur le cours théorique (au 3 janvier) une fois les droits détachés et l’opération réalisée (le TERP). Selon les estimations des analystes, l’opération devrait diluer le bénéfice par action 2012 d’environ 65%. Elle va néanmoins permettre de porter le ratio de fonds propres core tier one au-delà du seuil requis de 9% des actifs pondérés du risque. UniCredit «sera une banque solide après cette opération et c’est ce message qui devrait être transmis à l’opinion publique», avait estimé le 11 janvier devant le Parlement italien Andrea Enria, le président de l’Autorité bancaire européenne.
Le cours d’UniCredit a clôturé vendredi à 3,65 euros (-4,5%), donnant une capitalisation boursière d’environ 21,1 milliards d’euros. Avec cette opération, la banque a refondu sa base d’actionnaires. Selon le Financial Times, la banque centrale libyenne et le fonds souverain libyen vont voir leur participation diluée autour de 3,5%. En revanche, les fondations de caisses d'épargne italiennes vont contrôler près de 12% du capital, tandis que Capital Research and Management en détiendra 5,4% et Allianz 3%. Un groupe d’entrepreneurs italiens s’est également invité à la fête en bâtissant une participation combinée de 5%. Mais en lieu et place de la Libye, c’est Aabar, le fonds d’investissement d’Abou Dhabi, qui devrait désormais occuper le siège de premier actionnaire de l'établissement transalpin.
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