UniCredit doit augmenter son capital pour assurer le coût de son refinancement
La pression monte sur les banques italiennes. Alors que le pays est devenu depuis quelques jours la nouvelle cible des marchés financiers avec des rendements souverains à des niveaux difficilement supportables, la question du refinancement des banques se pose à nouveau, et notamment pour UniCredit.
La première banque italienne a en effet réalisé entre 70 et 80% de son plan de refinancement pour 2011, soit quelque 24 milliards d’euros selon les données recensées par le courtier Tullett Prebon. Le solde, soit environ 8 milliards d’euros, devrait être financé sans obstacle majeur.
La priorité doit désormais être donnée à une augmentation de capital que les analystes jugent indispensable pour rassurer les marchés vis-à-vis de la solvabilité de la banque, en vue de ses besoins de financement pour 2012. «On aura beaucoup plus de détails en fin de semaine avec les résultats des stress tests et peut-être que les résultats italiens seront accompagnés d’annonces d’augmentation de capital», indique Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon.
La principale concurrente italienne d’UniCredit, Intesa Sanpaolo, a déjà bouclé une augmentation de capital de 5 milliards d’euros en juin et effectué 100% de son programme annuel de refinancement sur le marché de gros. Ainsi, le coût de protection contre un risque de défaut d’Intesa se situait hier à 242 pb tandis que celui d’UniCredit s'élevait à 310 pb, soit au-dessus du CDS souverain italien à 296 pb, d’après les données de CMA. «On voit donc qu’une banque qui a déjà fait une augmentation de capital importante a un spread sur CDS nettement meilleur», souligne l’analyste.
Cette question est donc d’autant plus urgente qu’UniCredit doit faire face à un pic de refinancement de 40 milliards d’euros en 2012, contre seulement 26,6 milliards pour Intesa, en plus des 8 milliards à boucler avant la fin de l’année. «Il faudrait idéalement qu’ils augmentent leur capital juste après la publication des stress tests, au moins autant qu’Intesa, et qu’ils reviennent sur le marché à partir de septembre de façon à avoir un coût de refinancement correct post-augmentation», estime Marnik Hinnekens.
Reste que la chute récente du cours d’UniCredit rendrait un appel au marché plus dilutif qu’en début d’année, lorsque la banque a renoncé à vendre sa filiale de gestion Pioneer. Sur 2011, le titre recule de 22%, malgré un léger rebond hier.
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