« Une tendance à la féminisation à la tête des directions achats »
Xavier Nouguès, partner en charge de la division achats chez Oliver Wyman
Quel est le degré de maturité des directions achats dans les entreprises de la finance ?
Elles n’affichent pas encore la même maturité que dans les entreprises industrielles où les achats représentent jusqu’à 70 % du chiffre d’affaires. Dans l’univers financier, ils ne dépassent pas 30 % du produit net bancaire. L’optimisation des coûts n’était donc pas considérée comme une priorité. Mais ces dernières années, les directions achats des groupes financiers ont rattrapé une partie de leur retard. Les plus avancées n’ont d’ailleurs plus à rougir de la comparaison en termes d’organisation ou de compétences. Et il y a même un élément sur lequel elles se distinguent : celui de la féminisation, avec les nominations de Françoise Guillaume à la Société Générale, Sylvie Noël chez Covéa ou Sylvie Robin-Romet au Crédit Agricole SA. Cette dernière est d’ailleurs l’une des rares directrices achats membre d’un comité de direction.
Comment ont-elles rattrapé ce retard ?
Les directions achats les plus en pointe se sont structurées et professionnalisées, en recrutant notamment des acheteurs expérimentés issus d’autres secteurs, d’anciens consultants, ou des titulaires de masters achats. Elles ont aussi déployé de véritables stratégies d’achats et étendu leur couverture aux dernières catégories pouvant être la chasse gardée des métiers, comme les prestations intellectuelles, les market datas ou les brokerage fees.
Quels sont les prochains défis à relever pour ce métier ?
Les acheteurs devront s’imposer comme de véritables business partners pour les métiers afin d’apporter une contribution toujours plus importante à l’optimisation des coûts et à la maîtrise des risques achats. Il leur faudra pour cela se rapprocher des grands donneurs d’ordres que sont les patrons de l’informatique, du marketing ou des RH, et être intégrés toujours plus en amont des processus de décision.
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