Une étude fustige le niveau de rémunération des dirigeants de banques
Voilà un document qui va passionner les actionnaires des banques européennes, alors que ceux-ci ont connu une descente aux enfers boursière en 2011 et s’exposent à une dilution massive si les Etats décident de recapitaliser le secteur. AlphaValue vient de publier une étude sur la rémunération des dirigeants de 38 banques cotées en Europe entre 2007 et 2010. Et le constat est sans appel: «la gouvernance des banques n’est simplement pas à la hauteur».
Pour le bureau d’analyse actions, «les rémunérations des dirigeants de banques restent encore trop élevées par rapport aux autres secteurs: de 40% supérieures à la moyenne» de l’univers de valeurs suivies. Dans le même temps, la capitalisation boursière de ces établissements – hors appel au marché – a fondu de plus de moitié entre 2007 et 2010, et même de 86% si l’on inclut 2011.
Les groupes britanniques, suisses et espagnols constituent, dans cet ordre, le trio des banques les plus généreuses pour les membres de leurs comités exécutifs. Bob Diamond (Barclays), Brady Dougan (Credit Suisse) et Alfredo Saenz (Santander) ont été les patrons les mieux payés au titre de 2010. La France ne pointe qu’en huitième position, mais c’est là que la rémunération a le plus progressé en un an (+45%), contre une hausse moyenne de 12,5%.
Les critères de rentabilité sont aussi sous le feu des critiques. «Il y a quelques semaines seulement, certains dirigeants de banques considéraient encore un objectif de RoE de 15%, note l’étude. Avant même la crise actuelle, cette idée défiait le sens commun: comment un tel chiffre peut-il être atteint sans prendre d’énormes risques? Ces promesses témoignaient d’une incompréhension totale du monde réel». Ces objectifs de retour sur fonds propres déterminent il est vrai la rémunération des dirigeants: Frédéric Oudéa, par exemple, PDG de la Société Générale, ne touchera 100% de son bonus différé en actions au titre de 2010 que si le RoE du groupe dépasse 15% l’an prochain.
La rémunération des administrateurs, elle, fait apparaître «des écarts incroyables» qui «ne peuvent être liés à aucune différence visible dans les performances». Alors que le jeton moyen chez Credit Suisse et UBS dépassait 632.000 euros, les banques françaises, à l’autre bout du spectre, ont versé moins de 38.000 euros à chaque administrateur. Peut-être parce que les Français sont aussi les champions du cumul des mandats.
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