Un rapport parlementaire britannique fait feu sur les anciens dirigeants de HBOS

Le président et deux anciens directeurs généraux sont jugés responsables de la faillite de la banque, et devraient être bannis de la City
Patrick Aussannaire

Les anciens dirigeants de HBOS sont sur la sellette. Un rapport de la commission parlementaire britannique des normes bancaires publié aujourd’hui met en lumière les erreurs colossales de Lord Stevenson, l’ancien président de la banque, ainsi que ses anciens directeurs généraux successifs, Sir James Crosby et Andy Hornby, qui ont conduit HBOS au bord de la faillite, entrainant son sauvetage en septembre 2008 par sa concurrente Lloyds TSB avec le soutien actif du gouvernement britannique qui a injecté au total 20,5 milliards de livres (24 milliards d’euros) dans le nouvel ensemble issu de cette opération, baptisé Lloyds Banking Group.

«Il y a eu une expertise bancaire insuffisante parmi les hauts dirigeants de HBOS. En conséquence, ils ont été incapables de même comprendre les risques que certains éléments de l’activité portaient, les laissant ainsi sans gestion». Andrew Tyrie, le président de la commission parlementaire, s’en prend notamment à Lord Stevenson qui a cherché lors de ses auditions à minimiser son implication en tant que président. «Stevenson, en particulier, s’est montré incapable d’affronter les réalités qui ont mis la banque en faillite», ajoute le rapport qui incrimine une culture d’entreprise de l’arrogance qui laissait à penser que le doublement des actifs de la banque entre 2001 et 2008, à 681 milliards de livres, était «dû à des qualités spéciales que HBOS possédait et dont manquaient ses concurrents».

Dans ce contexte, la commission s’étonne que Peter Cummings, ancien responsable de la division banque de financement de HBOS, ait été jusqu’à présent le seul à payer en se voyant interdit de travailler à la City et en écopant d’une amende record de 500.000 livres lors d’une décision rendue en septembre dernier par l’Autorité des marchés financiers britannique, la FSA, remplacée depuis le 1er avril par deux nouvelles autorités, le PRA et le FCA, dans le cadre d’une refonte du système de régulation. Et de proposer que les trois anciens dirigeants de la banque visés par le rapport subissent des sanctions au moins identiques.

Très dur également avec les régulateurs, Andrew Tyrie souligne qu’ils ont beaucoup d’explications à fournir sur leur rôle dans la débâcle de HBOS. Le FCA a d’ailleurs réagi en indiquant qu’il va «étudier les recherches et conclusions» du rapport, et publiera «prochainement» son propre rapport, entamé sous l’ère de la FSA, sur les origines de la faillite de HBOS.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...