Un quart des assureurs français reportent certains chantiers Solvabilité II
Le décalage de la mise en œuvre de la directive Solvabilité II commence à influer sur les comportements des assureurs français. Un quart d’entre eux avouent avoir reporté certains chantiers dans ce nouveau contexte, selon la dernière mouture du Baromètre Solvabilité II, réalisée par L’Agefi en partenariat avec Ofi Asset Management. Cependant leur état de préparation s’améliore encore puisqu’ils sont désormais plus des trois quarts à attribuer une note supérieure à la moyenne (5 sur 10) à leur établissement dans ce domaine.
Leurs attentes vis-à-vis des sociétés de gestion témoignent aussi d’une plus grande maturité: le calcul du SCR (coût en capital) fait de moins en moins d’adeptes, tandis que l’accès à la transparence et l’enrichissement des données recueillent à l’inverse de plus en plus de suffrages. «Les acteurs se sont appropriés le pilier 1 de la directive (calcul de l’exigence de fonds propres) et sont dans ce domaine devenus plus autonomes, mais ils recherchent sur les placements un accompagnement en matière d’audit des calculs, d’analyse des risques et de reporting réglementaire,commente Stéphane Dorlencourt, directeur risk management du groupe Ofi. Ils sont entrés dans une nouvelle phase au cours de laquelle il s’agira de mettre en place les procédures.»
Par ailleurs, en termes d’allocation d’actifs, la messe est pratiquement dite et le sera vraiment fin 2013. Près de la moitié des acteurs du secteur ont d’ores et déjà effectué des réallocations dans la perspective de l’application de Solvabilité II, près de 30% d’entre eux n’ont tout simplement pas l’intention de bouger, et il reste tout de même un quart qui ajustera ses portefeuilles dans un proche avenir, cette année (19%), voire plus tard (6%). Le phénomène le plus marquant en la matière est le raz-de-marée des obligations corporate: 62% des répondants ont l’intention de se renforcer sur cette classe d’actifs et aucune autre catégorie de placements ne connaît un tel succès (l’immobilier et les infrastructures, qui suivent, recueillent respectivement des scores de 39% et 32%). La gestion alternative et les actions affichent les plus faibles intentions (6%). Pourtant plus des deux tiers des répondants présentent une pondération sur les actions inférieure à 10%.
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