UBS se distingue dans l’univers bancaire
Contrairement à ses concurrentes américaines, qui ont affiché une baisse de plus de 40% de leur résultat net au premier trimestre, UBS semble traverser la crise russe sans trop d’encombres. Première banque européenne à publier ses résultats avec HSBC mardi, la banque suisse affiche une hausse de 17% de son bénéfice net au premier trimestre, à 2,1 milliards de dollars. Elle surpasse ainsi les attentes des analystes, qui tablaient sur 1,9 milliard de dollars, et réalise son meilleur profit pour un premier trimestre depuis 15 ans.
Dans un environnement de marché difficile marqué par la guerre en Ukraine, mais aussi l’inflation et la hausse des taux, UBS a su tirer son épingle du jeu grâce au dynamisme de l’activité de trading, sur l’obligataire comme sur les actions. «La volatilité des marchés ayant dopé les volumes de trading, nous avons facilité des volumes élevés d’échanges, géré les risques et offert un accès à la liquidité», s’est félicité le PDG de la banque zurichoise Ralph Hamers.
Le dynamisme du trading
Le revenu de l’activité de marché a crû de 59%. Une hausse à relativiser toutefois puisqu’au premier trimestre 2021, UBS avait essuyé une perte de 774 millions de dollars en raison de la chute du fonds américain Archegos. Si on exclut l’effet de cette perte, le revenu de l’activité de marché a augmenté de 4% au premier trimestre 2022, explique UBS. Cette croissance permet de compenser le recul de l’activité de conseil (-30%), qui pâtit d’un ralentissement des opérations de fusions-acquisitions et des introductions en Bourse dû à l’environnement incertain. La banque d’investissement d’UBS enregistre, au bout du compte, une hausse de 127% de son profit avant impôt, à 929 millions de dollars, dépassant encore les attentes des analystes (à 612 millions de dollars).
La banque privée tourne au ralenti
Cette tendance avait déjà été esquissée par les banques américaines il y a deux semaines, Goldman Sachs affichant un revenu en hausse de 4% sur ses activités de trading (à 7,9 milliards de dollars) et Morgan Stanley une hausse de 10% (à 6,1 milliards de dollars).
La banque privée et la gestion d’actifs souffrent, en revanche, du contexte macroéconomique et de la prudence accrue des clients. La banque privée enregistre un profit avant impôt en baisse de 7%, à 1,3 milliard de dollars, sous l’effet notamment d’une hausse des coûts. La gestion d’actifs voit son profit reculer de 23%, à 174 millions de dollars.
Une exposition forte à la Russie
Comme nombre de ses concurrentes, UBS a mis un frein à son activité commerciale en Russie, à la suite de l’invasion de l’Ukraine. La crise géopolitique lui a coûté 100 millions de dollars au cours du trimestre écoulé. UBS a réduit son exposition directe à la Russie à 400 millions de dollars à la fin mars, contre 600 millions fin 2021. Ce montant est toutefois susceptible d’augmenter du fait de transactions en cours, a averti son directeur financier. UBS a, par ailleurs, communiqué pour la première fois sur les actifs que sa banque privée détient pour le compte de riches clients russes potentiellement visés par les sanctions européennes. Ils se chiffrent à 22 milliards de dollars.
La banque suisse a confirmé le maintien de son programme de rachat d’actions à hauteur de 5 milliards de dollars en 2022, permis notamment par sa solide performance durant la pandémie. A l’image de ses pairs européens, elle a bénéficié de pertes moins élevées qu’attendues. Ses prévisions restent toutefois mitigées pour les mois à venir. «Les clients se montrent encore prudents, les niveaux d’activité reflétant l’incertitude macroéconomique et géopolitique persistante. Nous estimons que cette tendance devrait se poursuivre, particulièrement en Asie en raison de la reprise du Covid», a déclaré à des analystes son directeur financier Kirt Gardner. Il estime, toutefois, qu’UBS sera en mesure d’absorber d’éventuelles pertes, anticipant une hausse de 1 milliard de dollars de son revenu net d’intérêt en 2022.
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