UBS et Credit Suisse paieront de nouveau un dividende en 2012
Après une pause d’un an, Credit Suisse paiera un dividende au titre de l’exercice 2011, a affirmé son CEO, Brady Dougan, au quotidien Tages-Anzeiger. De son côté, UBS a annoncé en novembre que ses actionnaires toucheront 10 centimes par action, le premier versement concédé depuis trois ans. Malgré des bénéfices cumulés de 13 milliards de francs, les deux banques helvétiques avaient fait l’impasse sur cette distribution l’an dernier. L’incertitude planant sur les marchés financiers et l’adaptation aux exigences de Bâle 3 avaient motivé cette décision.
La donne a changé aujourd’hui. Tant UBS que Credit Suisse ont enregistré un bel afflux de capitaux nets, de 150 milliards de francs en trois ans pour la seconde, selon Brady Dougan, dans le même entretien. Peu exposées aux dettes des pays périphériques de la zone euro, elles se montrent relativement sereines, même si une contagion de la crise à d’autres États engendrait des pertes substantielles pour la place financière suisse. Surtout, les deux établissements comptent parmi les mieux capitalisés au monde. Selon l’agence Bloomberg, les actifs pondérés au risque ont diminué de respectivement 44% et 35% chez UBS et Credit Suisse depuis 2007. Durant la même période, ils ont crû de près de 12% en moyenne chez les quinze plus grandes banques européennes.
L’anticipation du «Swiss finish», introduisant des normes plus sévères pour les deux banques présentant un risque systémique, a poussé ces dernières à s’adapter rapidement. Approuvé par le Parlement en septembre, le projet «Too big to fail» stipule qu’UBS et Credit Suisse doivent atteindre d’ici à 2018 un niveau de fonds propres de 19% des actifs pondérés en fonction des risques. Le projet les contraint aussi à prévoir des mécanismes pour éviter de faire faillite. UBS et Credit Suisse ont jusqu’au 16 janvier pour s’exprimer sur sa version définitive.
Mais plutôt que d’augmenter leurs fonds propres, les deux établissements zurichois agissent sur le ratio capital disponible sur engagements en réduisant leurs actifs. D’abord très critique envers le Swiss finish, UBS note désormais que «la solidité est un avantage compétitif» au vu du marasme actuel, comme l’a indiqué son nouveau directeur général, Sergio Ermotti. Pour sa part, Credit Suisse a toujours clamé que ces normes se justifient, compte tenu de la taille des bilans de ces deux banques par rapport au PIB helvétique.
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