UBS est en passe de réussir son régime minceur en remboursant ses aides d’Etat
UBS a le sens du tempo. La semaine dernière, la première banque suisse annonçait des charges exceptionnelles au deuxième trimestre pour régler un accord avec les autorités américaines. Hier, elle a tourné une autre page de la crise des subprimes, sur une note plus positive. UBS va finir de restituer l’aide d’Etat reçue en 2008, lors de son sauvetage. En l’occurrence, le groupe va rembourser un prêt de 1,2 milliard de francs suisses (973 millions d’euros) à la Banque nationale suisse et racheter dans la foulée le fonds mis en place à l’époque pour cantonner ses 38,7 milliards de francs d’actifs toxiques. Le tout avec un an d’avance sur le calendrier prévu par les analystes.
Le rachat de la bad bank, prévu au quatrième trimestre, devrait coûter 2,5 milliards de francs à UBS, un prix qui pourra évoluer en fonction de la valorisation des actifs résiduels. Le groupe affirme que l’opération n’aura pas d’impact sur ses résultats et le lestera de 3 à 7 milliards de francs d’actifs pondérés du risque (RWA). Mais au fil du temps, ceux-ci «diminueront comme le reste de la division des actifs gérés en extinction», explique la banque. La levée de l’option d’achat lui permet aussi de faire sauter une déduction équivalente qui pesait sur ses capitaux propres. Son ratio de fonds propres durs Bâle 3 devrait ainsi grimper de 70 à 90 points de base (pb) d’ici à la fin de l’année.
Sans nouvelle augmentation de capital mais au prix d’une forte réduction de voilure en banque d’investissement, ce ratio atteint déjà 11,2 % à fin juin , «le plus haut niveau parmi ses concurrents mondiaux», selon les analystes de JPMorgan, et «bien au-dessus des 10,5% attendus par le consensus», pointent ceux de Credit Suisse. UBS veut continuer sur sa lancée pour atteindre un core tier one de 13% en 2014 et renouer avec des dividendes élevés. Au deuxième trimestre, «le capital s’est amélioré grâce à des RWA de 239 milliards de francs contre un consensus à 254 milliards, et en deçà des 259 milliards au premier trimestre, expliquent les analystes de Credit Suisse. Ce chiffre est à comparer aux 250 milliards visés par la banque à fin 2013».
Pour solder le passé, la banque doit encore régler plusieurs litiges, d’aide à la fraude fiscale notamment. Elle a déjà gagné sur un plan: son ancien trader Kweku Abodoli, condamné l’an dernier à Londres pour ses lourdes pertes de trading, vient d’être débouté de sa première tentative d’appel.
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