« Tout l’écosystème des ‘business angels’ me disait que je pactisais avec le diable »
Stéphanie Savel, présidente de WiSeed « Diplômée de Sciences-Po Paris, j’ai créé un cabinet de conseil en organisation du travail. J’ai travaillé dès 1995 sur la question de l’aménagement du temps de travail, puis dès 2002 sur le développement durable et le harcèlement moral. Mon associé et moi sommes, à chaque fois, arrivés juste avant que ces problématiques ne se démocratisent. Nous avons dû faire preuve de beaucoup de pédagogie pour convaincre, avec des méthodes innovantes, notamment des pièces de théâtre dédiées. L’avantage est que mon engagement dans le développement durable m’a ouvert des portes. Je me suis impliquée dans le réseau Développement durable Ile-de-France, qui réunissait une cinquantaine de business angels. Le secteur m’a passionnée. Investir permet un peu de créer une société par procuration, puisque nous accompagnions les jeunes pousses sur le plan financier mais aussi celui du business. En 2010, je suis élue présidente de l’association et, en 2011, je décide, contre vents et marée, de signer un partenariat avec WiSeed sur la thématique du développement durable. La fintech existait depuis trois ans mais tout l’écosystème des business angels me disait que je pactisais avec le diable. J’ai suivi mon intuition. Je me suis très bien entendue avec les deux fondateurs… au point qu’ils me proposent en 2014 le poste de présidente de l’entreprise, avec pour but de la développer à Paris. Je suis donc une entrepreneuse avant tout, qui est venue à la finance pour l’impact positif qu’elle peut avoir. Chaque fois, je trouve qu’elle peut être un levier fort de transformation digitale, sur l’environnement mais aussi sur la démocratisation de l’investissement dans les entreprises. Me lancer dans cette aventure du crowdfunding signifie, pour moi, faire bouger les lignes et rendre les citoyens acteurs de leur vie. C’est une belle mission. »
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