Swiss Re apporte de la clarté en remboursant Warren Buffett par anticipation
Swiss Re va mieux et entend le faire savoir. Sur fond de résultats trimestriels étincelants, le réassureur a fait part de sa décision de solder ses comptes avec Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffett. Le groupe zurichois a engagé mercredi le processus de remboursement de la dette convertible perpétuelle de 3 milliards de francs suisses placée en février 2009 auprès du sage d’Omaha à la suite de dépréciations passées sur des actifs à risque.
Cette transaction qui survient de manière anticipée, la première fenêtre possible de remboursement ayant été fixée à mars 2011, sera finalisée en janvier et n’entraînera pas de pénalités. Elle se traduira par la comptabilisation au quatrième trimestre d’une charge brute d’un milliard de dollars, correspondant aux intérêts et à une prime de 20%.
Le financier américain disposait d’une option permettant, à l’issue des trois premières années, de convertir la créance obligataire en actions. Berkshire Hathaway aurait ainsi pu porter sa participation dans Swiss Re à 20% du capital, contre 3% environ actuellement. L’abandon de ce scénario éloigne la perspective d’une dilution des actionnaires au capital. L’action a clôturé en hausse de 6,5%, à 50,55 francs suisses, profitant également de la solidité des résultats trimestriels. Le bénéfice net a presque doublé à 618 millions de dollars au troisième trimestre, tandis que le rendement des fonds propres s’est hissé à 9,5%, contre 6,1% un an plus tôt.
«A l’issue du paiement final, Swiss Re détiendra toujours un niveau significatif de capitaux excédentaires au-delà d’un seuil de notation AA», a estimé le groupe, sans livrer de précisions chiffrées. Au dernier décompte, il s’établissait au-delà de 10 milliards de dollars à fin juin. «Le remboursement accéléré n’a pas d’impact sur la notation mais il enlève une certaine incertitude qui entourait la stratégie et la situation financière de Swiss Re», a indiqué Mark Coleman, analyste crédit chez S&P.
Le réassureur est noté A+ par l’agence de notation, qui a relevé sa perspective de stable à positive courant octobre, et cherche à regagner son AA perdu durant la crise. Cette opération «tient davantage d’une étape psychologique que de quelque chose qui devrait modifier nos estimations chiffrées», estime William Hawkins, analyste chez KBW.
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