Swiss Life France poursuit sa bascule vers l’assurance santé collective

Le groupe est désormais opérationnel pour la mise en œuvre de l’ANI au 1er janvier et vise un maintien de sa part de marché globale à 4%.
Julien Beauvieux

SwissLife France est dans les «starting blocks» pour l’entrée en vigueur au 1er janvier 2016 de l’accord national interprofessionnel (ANI). «Nous avions décidé d’investir significativement et nous sommes déjà totalement opérationnels depuis plusieurs mois», a souligné Charles Relecom, le Président directeur général du groupe à l’occasion de la présentation des résultats semestriels. «Nous pourrons juger à partir de janvier de la maturité du marché», s’impatiente-t-il.

La filiale française de l’assureur suisse avait de fait beaucoup à perdre à la généralisation de la complémentaire santé aux salariés des TPE et PME. Le portefeuille du groupe, numéro deux du marché français des contrats santé individuels, qui s’adressent aussi aux seniors et aux travailleurs non salariés (TNS), affichait en effet une exposition pour près de moitié à l’ANI. Avec à la clef des pertes potentiellement élevées de clients, alors les bancassureurs entrent sur ce marché.

«Notre objectif est de maintenir notre part de marché dans la santé, que ce soit dans l’individuel et le collectif, le standard et le sur-mesure ou encore les contrats directs et les surcomplémentaires», indique Pierre François, le directeur général de SwissLife France Prévoyance et Santé. L’an dernier, le groupe avait réalisé sur le segment santé un chiffre d’affaires de 1,15 milliard d’euros, soit un «petit 4%» de l’ensemble du marché français de 30 milliards environ.

Outre des investissements informatiques dans le front et le back-office, SwissLife France a également travaillé son offre en lançant dès novembre 2014 SwissLife Prévoyance Entreprises +, qui permet notamment une digitalisation à 100% des transferts d’informations. «Notre offre est l’une des plus complètes du marché et permet de prendre en charge à la fois le dirigeant en tant que TNS et sa famille, les salariés, leurs ayants droit, en santé comme en prévoyance», souligne Pierre François.

Ces efforts se sont déjà matérialisés au premier semestre, bien que «les TPE ne se précipitent pas pour souscrire des contrats». Alors que le chiffre d’affaires santé-prévoyance, pénalisé par la réforme de l’assurance maladie des travailleurs frontaliers, a baissé de 3,3%, à 648 millions d’euros, le chiffre d’affaires en santé «standard collectif» a grimpé de 18%.

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