Swiss Life France bondit en assurance vie mais cale en santé
Volume et rentabilité. Pour Charles Relecom, PDG de Swiss Life France, le premier semestre est satisfaisant sur les deux tableaux. La branche française de l’assureur zurichois affiche un résultat avant impôt en hausse de 12% sur un an, à 76 millions d’euros. Sa performance est tirée par les produits financiers, la hausse des marges en vie et l’amélioration de son ratio combiné en santé et dommages. Elle reste toutefois inférieure à celle du groupe dont le bénéfice imposable, annoncé le 14 août, croît de 16% pour atteindre 639 millions de francs suisses (519 millions d’euros).
Le chiffre d’affaires de Swiss Life France progresse de 8% à 1,9 milliard d’euros, contre +6% pour l’ensemble du marché tricolore. Ses activités d’assurance vie se distinguent avec un chiffre d’affaires de 1,36 milliard d’euros, en hausse de 16% (+ 7% pour le marché). Spécialiste des clients patrimoniaux, Swiss Life se targue notamment d’un bond de 76% des souscriptions d’unités de compte (UC). Plus risqués, mais aussi plus rentables pour l’assureur, ces contrats représentant désormais 36% de ses encours, deux fois plus que la moyenne, et «entre 45 et 50 % de la production d’affaires nouvelles», assure Eric Le Baron, directeur général de Swiss Life assurance et patrimoine. La collecte nette du semestre s’élève à 330 millions d’euros en France, y compris les produits de retraite, moins dynamiques qu’en 2012.
Swiss Life France veut continuer à profiter du regain d’intérêt pour les UC, un «métier que les bancassureurs ne savent pas faire», mais reste dubitatif face au futur contrat «eurocroissance», promis par le gouvernement pour favoriser l’investissement dans les entreprises. «On en fera car il faut y être, mais les clients n’en veulent pas», juge Eric le Baron.
Le groupe s’attend en revanche à pâtir de l’Accord national sur l’emploi (ANI) qui va favoriser les complémentaires santé collectives. Spécialiste des couvertures individuelles, Swiss Life France accuse déjà une stagnation de son chiffre d’affaires en santé, de 575 millions d’euros au premier semestre. Un recul imputé à sa moindre collaboration avec les gros courtiers, jugés trop coûteux. Pour rester dans la course, «on développe une offre complète pour les PME», assure néanmoins Pierre François, directeur général de Swiss Life prévoyance et santé. Contrairement à certains concurrents, la compagnie ne lancera pas ces nouveaux produits avant fin 2014. Le temps, dit-elle, de les adapter aux futures contraintes de l’ANI.
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