Suravenir intensifie sa politique en faveur des mandats d’arbitrage
Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir, insiste sur la bonne santé de sa compagnie, avançant un résultat d’exploitation qui serait «supérieur à 170 millions d’euros» pour 2019, «le plus haut de son histoire». Suravenir avait pourtant agité le secteur de l’assurance vie au semestre dernier, recevant 200 millions d’euros de fonds propres de sa maison mère, le Crédit Mutuel Arkéa, pour améliorer son taux de couverture du SCR (capital de solvabilité requis, ndlr) après que le rendement des emprunts d'État à 10 ans avait atteint un plus-bas, à -0,42% le 28 août. Ne parlez pas de «recapitalisation» à Bernard Le Bras : il estime le terme «impropre» (lire L’Agefi Hebdo du 7 novembre 2019).
Suravenir a toutefois pris les mesures qui s’imposent dans le contexte de taux actuel et de réglementation Solvabilité 2. La première, bien sûr, est de davantage orienter les clients vers les unités de compte (UC). Elle se traduit déjà dans la fourchette de taux servis selon les contrats : de 2,80% à 0,70% (pour les contrats monosupports fermés). S’y ajoute une contrainte forte de 30% d’UC pour tout versement : «Chez nous, le minimum d’UC s’applique à tous les contrats», insiste Bernard Le Bras. Mais surtout, Suravenir pousse les contrats multisupports thématiques. Si, pour la banque, la compagnie a élaboré une gamme type selon les profils de risques, elle compte aujourd’hui dix contrats thématiques.
Cette politique très claire en faveur des mandats d’arbitrage, de sorte que le client donne les clés de son contrat au gérant d’actifs, repose sur trois nouveaux thèmes «Conviction» commercialisés cette année : Immobilier, construit par Primonial Reim, Développement durable, avec Federal Finance (groupe Crédit Mutuel Arkéa également) et Pays émergents, avec Yomoni Asset Management. Accessibles dès 300 euros, Conviction Immobilier connaîtrait déjà un beau succès avec ses 80% d’UC (contre 70% sur Développement durable et 100% sur Pays émergents), complétés par le fonds en euros Actif Général de Suravenir, «parce qu’il peut toujours y avoir un problème sur les UC», lâche le président du directoire.
Si elle ne fait pas d’Eurocroissance, Suravenir propose par ailleurs deux Plans d’Epargne Retraite individuels (Pertinence et Projection Retraite) et prendra sa part dans le financement de l’économie, sujet de fonds pour l’Etat.
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