Scor tombe dans le rouge à cause de l’Ukraine et des catastrophes naturelles
Le réassureur Scor a publié vendredi une perte nette au titre du premier trimestre de 2022, son résultat étant pénalisé par une provision liée au conflit en Ukraine et par une série de catastrophes naturelles.
Scor a accusé une perte nette part du groupe de 80 millions d’euros, contre un bénéfice de 45 millions d’euros au premier trimestre 2021. Le résultat net du premier trimestre 2022 intègre une provision d’un montant de 85 millions d’euros au titre du conflit en Ukraine, a indiqué Scor dans un communiqué.
Le groupe avait prévenu le mois dernier qu’il accuserait une perte pour les trois premiers mois de l’année, en raison d’une charge exceptionnelle liée à la guerre en Ukraine ainsi que des répercussions sur son activité d’une série de catastrophes naturelles.
Les primes brutes émises, équivalent du chiffre d’affaires, se sont établies à 4,71 milliards d’euros, en hausse de 14,3% sur un an.
Ratio dégradé
Parmi les autres indicateurs suivis par le groupe, le ratio de coûts s’est établi à 4,7% des primes brutes émises au premier trimestre 2022, un niveau inférieur à l’hypothèse d’environ 5,0% du plan «Quantum Leap» de Scor, et à comparer à 4,5% au premier trimestre 2021.
Le ratio combiné net, qui définit le rapport entre le coût des sinistres et le total des primes encaissées, s’est établi à 103,7% au premier trimestre en réassurance de dommage et de responsabilité, contre 97,1% un an plus tôt.
Un ratio supérieur à 100% signifie que l’activité de réassurance dommages a accusé des pertes. S’il est inférieur à 100%, elle a été rentable.
Les primes brutes émises de cette division ont progressé de 24,9% sur un an, à 2,32 milliards d’euros.
L’activité d’assurance-vie a quant à elle enregistré une hausse de 5,6% sur un an de ses primes brutes, à 2,4 milliards d’euros.
En juillet et novembre
Au niveau du bilan, le groupe s’est dit «bien capitalisé», avec un ratio de solvabilité estimé à 240% à fin mars, au-dessus de la zone de solvabilité optimale définie dans le plan «Quantum Leap» de Scor (entre 185% et 220%).
Par ailleurs, le groupe a indiqué qu’il ferait un «point sur son environnement et ses ambitions stratégiques» le 28 juillet, lors de la publication de ses résultats pour le deuxième trimestre, puis «présentera son nouveau plan stratégique dans son ensemble», le 9 novembre prochain, lors d’une journée investisseurs qui accompagnera ses résultats du troisième trimestre.
À la Bourse de Paris, l’action Scor gagnait 1,5% ce vendredi en fin de matinée.
Le groupe de réassurance a accusé une perte plus importante que prévu au premier trimestre, mais la croissance des primes brutes de sa branche de réassurance dommages a elle dépassé les attentes, souligne Jefferies. Les primes brutes de cette division ont progressé de 24,9% au premier trimestre, dépassant de 3,8% le consensus.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché de la réassurance cherche la bonne formule face aux enjeux liés à l’IA
Les réassureurs mondiaux oscillent entre excitation et appréhension face aux nombreux défis que représente l’IA, tant en termes de potentiel de marché que d’agent de transformation pour leurs modèles économiques. Aux derniers Rendez-vous de Septembre, le sujet était sur toutes les lèvres. -
Dans la réassurance, le pouvoir de négociation a changé de main
Les Rendez-Vous de Septembre qui réunissaient près de 4.000 acteurs mondiaux de l’assurance et de la réassurance dans la principauté monégasque ont donné le ton des renouvellements de janvier prochain. Les réassureurs ne sont plus les seuls maîtres du jeu. Les baisses de tarifs vont se poursuivre. -
Les réassureurs sont appelés à plus de flexibilité lors des prochains renouvellements
Alors que les traditionnels Rendez-Vous de Septembre de la réassurance ont débuté ce week-end dans la principauté monégasque, courtiers et analystes s’attendent à voir la baisse du marché se poursuivre au profit des cédantes. Les négociations devraient être particulièrement centrées sur l’assouplissement des conditions contractuelles.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Schroders crée le poste de responsable du développement ETF pour la France, la Belgique et le Luxembourg
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsLa France veut changer, mais son modèle social l’en empêche
« La solution réside probablement dans un mouvement d’ensemble ; non en modifiant marginalement un paramètre ici et un autre ailleurs, mais en engageant une profonde transformation » -
EXCLUSIF Clivage(s)Blocus des lycées : les Français soutiennent le mouvement, mais souhaitent qu’il s’arrête au plus vite
Face à la révolte lycéenne, les réponses apportées par le gouvernement divisent le spectre politique. Cette séquence éclaire autant un clivage générationnel qu'idéologique, y compris à gauche entre électeurs insoumis et socialistes -
Feux de détresseDerrière le boom de la voiture électrique, l’urgence industrielle en France et en Europe
Jamais l’industrie automobile française et européenne n’a autant innové et autant investi. Mais cela ne suffira pas à assurer sa survie