Scor se dote d’une feuille de route prudente pour 2016
A quelques jours du rendez-vous annuel des réassureurs à Monte Carlo, Scor imprime sa marque. Son PDG Denis Kessler a présenté hier son cinquième plan stratégique. Baptisé «Optimal dynamics», il couvre la période comprise entre mi-2013 et mi-2016. La nouvelle feuille de route du cinquième réassureur mondial s’inscrit dans la lignée de la précédente, en visant un rendement des fonds propres de 1.000 points de base (pb) au-dessus du taux sans risque à trois mois, soit 10% aujourd’hui, et un ratio de solvabilité compris entre 185 et 220 pb.
Le ratio combiné de Scor devra s’améliorer à 93 ou 94%, contre 95% en moyenne depuis 2010, mais sa marge technique devrait se dégrader légèrement, à 7% contre 7,4% auparavant. Pas de révolution donc, «face à un environnement macroéconomique toujours très incertain, à des évolutions réglementaires contraignantes et à un marché de la réassurance en mutation».
Scor mise tout de même sur une croissance organique de 7% par an, pour atteindre 13,3 milliards de revenus en 2016, soit deux fois sa taille de 2010. Il compte sur une hausse plus marquée de ses primes non-vie (+8,5% par an) qu’en vie (+6%). Entre 2010 et 2012, son chiffre d’affaires avait progressé de 12,3% par an, mais il avait été porté par la croissance externe. L’activité vie a ainsi doublé de taille en trois ans pour atteindre 6 milliards grâce au rachat de Transamerica Re en 2011 (+1,7 milliard d’euros de primes) et à celui de Generali US (+0,8 milliard). Cette dernière opération, qui doit être finalisée en octobre, fera de Scor le premier réassureur vie aux Etats-Unis.
Le groupe français n’exclut pas d’autres acquisitions mais «nous ne sommes pas en recherche», a déclaré Denis Kessler devant les analystes, avant d’ajouter que son plan «n’inclut aucune acquisition». Le groupe préfère miser désormais sur ses propres forces. En dehors des marchés émergents, Scor va concentrer ses efforts sur quelques segments, tels que les business solutions de sa division dommages, destinées aux grandes entreprises. En vie, les financial solutions, destinées à optimiser la solvabilité de ses clients, devront croître de 17% par an. Scor continuera en revanche à rester à l’écart des variable annuities (contrats à revenus garantis) pour se concentrer sur les risques biométriques (accidents, maladies…).
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