Scor diversifie son portefeuille d’investissements dans la pierre papier
Scor a fait feu de tout bois la semaine passée. Après avoir annoncé lundi le rachat d’un portefeuille d’assurance vie auprès de BBVA Seguros et publié mercredi des résultats annuels flatteurs, le réassureur a fait part vendredi du projet de prise de contrôle de la foncière cotée MRM.
Si, comme le souligne le président du directoire de Scor Global Investments, François de Varenne, l’opération permet au groupe de «diversifie(r) son portefeuille immobilier», le réassureur ne se contente pas d’un investissement financier et prend les choses en main. Scor détiendra, d’ici à fin juin espère-t-il, 59,9% du capital de MRM (le maximum permis pour le maintien du statut SIIC) par la souscription en numéraire à une augmentation de capital de 41 à 54 millions d’euros, en fonction du taux de conversion des obligataires. Ces derniers détiendraient alors 32% du capital, en laissant 8% aux actionnaires actuels de la foncière (dont le gestionnaire des opérations CBRE Global Investors détient aujourd’hui 17%). L’opération en effet est envisagée sans droits préférentiels de souscription et sans offre publique, Scor comptant sur la dérogation de l’AMF en agissant au chevet d’une «société en situation avérée de difficultés financières», sous réserve de l’approbation par l’assemblée générale.
Mieux encore, Scor dévoile d’emblée ses intentions en entrant au capital d’une foncière qui doit effectivement, de son propre aveu, faire face à une «situation de liquidité tendue». Sur l’exercice écoulé, l’actif net réévalué de liquidation par action a chuté de 6,1 à 4,9 euros. Le réassureur entend recentrer le portefeuille de MRM sur des actifs de commerces en cédant graduellement ceux de bureaux, qui représentent tout de même 43% d’un patrimoine évalué à 269 millions d’euros à fin 2012. Scor souhaite ainsi «améliorer le taux d’occupation des actifs, ramener le ratio d’endettement à un niveau raisonnable pour éviter tout problème de liquidité à moyen terme, et restaurer la rentabilité de la société». MRM, qui souffre d’un endettement de 253,4 millions fin 2012 (94,2% du patrimoine), a renégocié, sous réserve de l’investissement de Scor, l’ensemble de ses lignes de crédit bancaires. Son PDG, Jacques Blanchard, veut croire que cette restructuration du passif (avec la conversion des obligations) associée à l’arrivée de Scor offre aux actionnaires une «solution» dotant la société «d’une structure financière saine et pérenne».
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