Santander remplit à 100% les exigences d’assainissement de son bilan
Mission accomplie pour Santander. La première banque de la zone euro par la capitalisation boursière a «rempli à 100% les exigences de provisions du gouvernement espagnol pour couvrir son exposition au risque immobilier». Mais l’assainissement a fortement pénalisé ses résultats annuels qui ont plongé de 59% à 2,2 milliards d’euros du fait d’importantes provisions demandées par la Banque d’Espagne pour purger les actifs toxiques immobiliers.
Au total, le groupe a ainsi mis de côté 18,8 milliards d’euros. Déjà au troisième trimestre, il avait annoncé que son bénéfice avait chuté de 92% à 100 millions d’euros en raison d’un important effort de provisions qui lui avait permis de satisfaire à 90% les exigences de Madrid. Car en 2012, le gouvernement espagnol a obligé les banques à provisionner au total 80 milliards d’euros. Santander a donc remis les comptes à zéro et va pouvoir démarrer 2013 sur de nouvelles bases. Emilio Botin, le président du groupe dit pouvoir enfin «regarder le futur proche avec optimisme»: «en 2013, nous pourrons assister à une importante augmentation de nos résultats, une fois l’assainissement achevé», a-t-il affirmé.
Pourtant, les analystes ne sont pas aussi satisfaits. Nuria Alvarez, de Renta 4, estime que les résultats sont «faibles» et que le bénéfice net du quatrième trimestre se situe «11% en dessous des estimations». Celui-ci a augmenté d’un trimestre à l’autre, passant à 401 millions d’euros au quatrième trimestre, contre 47 millions il y a un an.
Alors que Nuria Alvarez constate un ralentissement des activités en Espagne et au Royaume-Uni, elle souligne l’amélioration du ratio de fonds propres à 10,33%, en partie expliquée par l’entrée en Bourse de sa filiale mexicaine. En revanche, le taux de créances douteuses s’élève à 4,54%, soit 21 pb en plus qu’au trimestre précédent.
«En Espagne, le taux de créances douteuses est de 6,74%, soit 36 points de base de plus qu’au troisième trimestre», tout en restant quand même inférieur à la moyenne du pays. Mais si, grâce à sa diversification internationale, le groupe est moins affecté par la crise en Espagne, pays qui ne représente plus que 15% de son bénéfice contre 50% pour l’Amérique latine, les encours douteux grimpent aussi au Brésil.
Santander a enfin précisé avoir rendu 24 milliards d’euros de LTRO à la BCE, fonds qui étaient déjà déposés à la banque centrale. Et en conserve 11 milliards, par sécurité.
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