Santander paie la montée des créances douteuses
Santander a annoncé jeudi que son bénéfice net accumulé a chuté de 66% sur les neuf premiers mois de l’année à 1,8 milliard d’euros, et même de 94% au troisième trimestre à 100 millions. Cette dégringolade est liée aux substantielles provisions qu’a dû réaliser le groupe pour couvrir le risque immobilier et celui des créances douteuses, mais aussi à des revenus inférieurs aux attentes.
En tout, le groupe a dû provisionner 14,5 milliards d’euros contre 7,3 milliards d’euros sur la même période l’an dernier. Santander a mis de côté 5 milliards d’euros pour couvrir les risques liés l’immobilier, lui permettant de «satisfaire 90% des exigences fixées dans les décrets de février et de mai» par les autorités espagnoles, a précisé Alfredo Saenz, le directeur général du groupe. Celui-ci a souligné qu’il s’agissait d’un «assainissement extraordinaire qui n’affectera pas les résultats du groupe l’an prochain» et qui a permis de réduire son exposition au secteur immobiler à 27,5 milliards de crédits et actifs immobiliers contre 42,5 milliards en 2008.
Mais cette provision extraordinaire n’est pas la plus importante. Le groupe s’est doté de 9,5 milliards d’euros pour couvrir les risques d’impayés, soit presque le double que la couverture du risque immobilier. Ces provisions «ont permis d’augmenter le taux de couverture d’insolvabilité (....) jusqu’à 70%». Même si l’Espagne ne représente que 16% de son bénéfice, les créances douteuses s’y élèvent à 6,38% contre 4,33% pour l’ensemble du groupe et Alfredo Saenz prévoit que les impayés pourraient atteindre jusqu’à 7,4% au premier trimestre 2014, tout en augurant une fin de la récession en 2013.
Selon Nuria Alvarez, analyste de Renta 4, ces résultats sont en dessous des attentes du marché mais «les plus-values issues de la vente de sa filiale en Colombie et d’une opération dans les assurances Iberia» ont permis au groupe de compenser le calendrier de provisions exigées par le gouvernement espagnol, un point positif.
Ayant obtenu «la meilleure note» lors de l’audit d’Oliver Wyman sur la santé des banques espagnoles, Santander a également renforcé ses fonds propres à 10,4% contre 10% fin 2011, selon les critères de Bâle 2, grâce notamment à l’entrée en Bourse de 24,9% de sa filiale mexicaine, qui lui a permis d’améliorer de 0,5 point son core capital après avoir dégagé 3,2 milliards d’euros de cette opération.
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