Santander demeure tributaire du Brésil

Même si les activités ont souffert en Amérique du Sud au deuxième trimestre, les perspectives de croissance y sont bien meilleures
Antoine Landrot

Une fois n’est pas coutume, les activités de Santander en Europe ont compensé le recul des bénéfices réalisés par ses filiales en Amérique latine. Le bénéfice net du groupe a été multiplié par huit au deuxième trimestre 2013 pour atteindre 1,05 milliard d’euros, contre seulement 123 millions un an plus tôt. A l’époque, elle avait dû passer une provision de 1,3 milliard d’euros, imposée par la Banque d’Espagne pour couvrir le risque immobilier local. Pour l’ensemble du premier semestre 2013, Santander a réalisé 2,25 milliards de bénéfice, soit quasiment autant que pour l’ensemble de l’année dernière.

En dehors de cet effet de base éminemment favorable, les bénéfices ont été portés par les activités au Royaume-Uni, dont le bénéfice a progressé de 7%, à 263 millions d’euros, alors que le résultat net chute de 57% (à 86 millions d’euros) en Espagne. Mais si les revenus d’intérêt de Santander progressent légèrement au deuxième trimestre par rapport au premier (+1,1%), la faiblesse des taux en Europe continue de peser: comparé au deuxième trimestre 2012, le revenu d’intérêt recule de 17% en Espagne, où le ratio de créances douteuses est passé de 3,26% à 5,75% en un an. Pour l’ensemble du groupe, ce ratio atteint 5,18% fin juin, contre 4,76% en mars.

Dans ce contexte, l’Amérique du Sud, en particulier le Brésil, son plus gros marché outre-Atlantique, n’a pas joué son rôle traditionnel. Si les activités sur ce continent contribuent toujours à la moitié des bénéfices, la filiale brésilienne voit son résultat reculer de 15,7% au deuxième trimestre, à 420 millions d’euros.

Mais l’avenir du groupe demeure à l’ouest de l’Atlantique. L’absence de perspectives en Europe a par exemple conduit les dirigeants à écarter toute perspective de cotation de la filiale britannique à moyen terme, alors qu’elle avait été précédemment envisagée pour 2014. A contrario, la direction souligne que le taux de créances douteuses de Banco Santander Brasil a reculé tant sur un trimestre que sur un an (à 6,49%, contre 6,9% au 31 mars 2013 et 6,51% au 30 juin 2012). Signe, selon la direction, qu’un point d’inflexion a été atteint. Cette tendance a permis à la filiale de réduire ses provisions pour créances douteuses et de dépasser les anticipations des analystes.

Cette éclaircie permet à Banco Santander Brasil d’envisager des acquisitions pour se développer dans les crédits aux particuliers. Le groupe est le troisième prêteur au secteur privé du pays.

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