Sa mise en examen pollue le mandat de François Pérol chez BPCE
Officiellement, BPCE serre les rangs. Au lendemain de la mise en examen de son président du directoire, François Pérol, pour prise illégale d’intérêt, le conseil de surveillance du groupe «a tenu à témoigner à nouveau, à l’unanimité, sa confiance» au dirigeant. C’est «suite au souhait de François Pérol de l’informer de sa mise en examen dans le cadre de la procédure judiciaire engagée en 2009 sur les conditions de sa nomination à la tête des groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire» que le conseil s’est réuni vendredi.
Comme chez Orange, dont le patron Stéphane Richard a été mis en examen pour un autre motif – son rôle supposé dans l’arbitrage Tapie –, la procédure judiciaire n’a donc pas d’effet immédiat sur la marche des affaires de la banque. L’association Anticor et les syndicats CGT et Sud ont lancé l’affaire en 2009, contestant la nomination de François Pérol à la tête du groupe issu du rapprochement de l’Ecureuil et des Banques Populaires, au motif qu’il aurait pris part au dossier lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée.
La création de BPCE, qui a bénéficié de 7 milliards d’euros de soutiens publics – aujourd’hui remboursés – pour éponger les pertes de Natixis, a été largement impulsée par l’Etat. François Pérol, lui, affirme avoir simplement informé le président de la République d’un dossier sur lequel Bercy avait la main.
En dépit du soutien du groupe, cette procédure au long cours risque de polluer le deuxième mandat du président de BPCE alors que l’attendent des échéances importantes. Après avoir sorti la banque de l’ornière dans laquelle elle se trouvait en 2009, François Pérol a dévoilé un plan stratégique à horizon 2017 qui prévoit de doubler le résultat net du groupe. Pièce maîtresse de ce programme: la reprise en main par Natixis dès 2016 des assurances de personnes vendues par CNP dans le réseau des Caisses d’Epargne. Un dossier politiquement exposé qui fait intervenir la Caisse des dépôts et l’Etat, membre du pacte d’actionnaires de l’assureur.
François Pérol a aussi réussi à pacifier l’atmosphère délétère qui régnait dans les rangs des deux banques à son arrivée, en concentrant davantage les pouvoirs au niveau de l’organe central, et à faire renouveler son mandat en novembre 2012. Tout nouvel affaiblissement de sa position ne manquerait pas de susciter les vocations de dissidents au sein des banques et des caisses régionales.
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