RSA répond aux interrogations sur le niveau de ses fonds propres
A l’occasion de la publication de ses résultats annuels, RSA Insurance Group a officialisé son projet d’augmentation de capital, objet de rumeurs insistantes depuis plusieurs jours. Le directeur général Stephen Hester a confirmé dans l’ensemble les points évoqués dans la presse : une émission de titres de 775 millions de livres (soit 20% de la capitalisation boursière) entièrement garantie par les banques, des recettes de 300 millions de livres tirées de la cession d’activités en 2014 et l’annulation du dividende au titre de 2013.
Le groupe a en outre annoncé l’acquisition auprès de Berkshire Hathaway d’un traité de réassurance de 550 millions de livres et la vente d’une majeure partie de son portefeuille en actions.
Concocté par l’ancien patron de RBS, ce plan vise à redresser des finances mises à mal par un scandale comptable en Irlande, qui s’est traduit pour cette filiale par une perte technique de 220 millions de livres l’an dernier. Les intempéries outre-Manche ont également lourdement affecté les comptes, sous la forme d’une charge représentant 3,5% des primes, nettement plus que la moyenne sur cinq ans. Compte tenu de ces éléments, le bénéfice technique ressort à 57 millions de livres, contre 358 millions en 2012. Le groupe, qui a également essuyé des dépréciations de survaleurs, publie au bout du compte une perte brute de 244 millions de livres.
Pour UBS, l’assureur fait «plus que le nécessaire pour répondre aux interrogations sur les fonds propres». Nomura souligne aussi des niveaux adéquats post-augmentation de capital, avec un ratio de couverture de 180% et un ratio de capital économique de 160%. D’un point de vue opérationnel, RSA entend faire croître son activité et sa rentabilité à partir de marchés prioritaires (Royaume-Uni, Irlande, Scandinavie, Canada et Amérique latine), ce qui explique ces opérations de désengagement planifiées cette année et en 2015.
L’exercice en cours pourrait donner du fil à retordre. L’impact des intempéries au premier trimestre s'élève déjà à 75-100 millions de livres, alors que les produits d’investissement et les primes nettes devraient baisser, note Nomura. Dans ces conditions, tout dividende intérimaire en 2014, s’il se présente, serait «modeste».
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester