Royal Bank of Scotland navigue entre cession de créances et levées de fonds
Pointée du doigt à l’occasion des stress tests britanniques, Royal Bank of Scotland se retrousse les manches pour assainir sa structure financière. Deux opérations sont d’ores et déjà en route. RBS a prévu de céder avec décote un portefeuille de créances hypothécaires irlandaises à une filiale de Cerberus.
Le prix de cession de ces quelque 5.000 actifs dans l’immobilier commercial (magasins, hôtels, bureaux, sites industriels...) dont la valeur faciale s'établit à 4,8 milliards de livres et la valeur comptable à environ 1 milliard, pourrait atteindre 1,1 milliard de livres en fonction de la réalisation de certaines conditions. Les trois quarts des biens sont situés en République d’Irlande, le reste étant en Irlande du Nord. Deux marchés sur lesquels les prix de l’immobilier commercial ont dégringolé après la crise financière, mais se redressent depuis peu.
Ce portefeuille a essuyé une perte de 800 millions de livres en 2013, principalement en raison de dépréciations. La transaction devrait être finalisée au premier trimestre 2015. Les analystes du courtier Goodbody Stockbrokers soulignent dans une note que cette opération accélère les projets de deleveraging de RBS en Irlande. Ils estiment que la banque d’Edimbourg devrait finaliser le processus d’ici la mi-2015, en avance par rapport à son objectif de fin 2016.
Deuxième effort, RBS, encore détenue à 80% par le contribuable britannique, prévoit d'émettre environ 2 milliards de livres d’obligations contingentes convertibles (CoCos). Les instruments de capital tier one additionnel (AT1) seront convertis en actions si le ratio de solvabilité tombe sous les 7%. RBS rejoint ainsi la cohorte des prêteurs britanniques qui ont émis l'équivalent de 23,7 milliards de dollars d’obligations contigentes à haut rendement.
«Plusieurs banques luttent pour relever leur ratio de levier au dessus de 3% dans le cadre des stress tests, principalement RBS, ce qui explique en partie sa volonté d'émettre des titres AT1 en 2015», écrivent les analystes de Credit Sights. Le ratio de levier s'établissait à 3,4% fin 2013, selon la BoE, et tomberait jusqu'à 2% dans le cadre d’un scénario stressé (2,3% en tenant compte des dernières mesures annoncées). Avec un ratio CET1 de 8,6% à fin 2013, RBS est encore loin de son objectif de 12%, préalable au versement d’un dividende.
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