Rome lance le sauvetage de Monte dei Paschi
Le gouvernement italien s’est réuni en urgence cette nuit pour approuver un décret visant à sauver les banques en péril, peu après que Monte dei Paschi di Siena (MPS) a annoncé l’échec de son augmentation de capital. Le décret crée un fonds de 20 milliards d’euros avec le double objectif d’assurer la liquidité des banques en difficultés via une garantie de l’Etat et de participer à leur recapitalisation, si nécessaire.
«Aujourd’hui marque une journée importante pour Monte dei Paschi, une journée qui la verra passer un cap et être en mesure de rassurer les épargnants», a déclaré le président du Conseil, Paolo Gentiloni.
Le conseil d’administration de MPS, réuni au cours de la nuit, a immédiatement demandé une recapitalisation préventive au titre de l’article 32.4 de la directive européenne BRRD sur la résolution bancaire. La cotation de la banque avait auparavant été suspendue pour la journée par la Consob, l’autorité de la Bourse italienne.
Le sauvetage public de la banque passera d’abord par une garantie de l’Etat sur les nouvelles émissions de dettes de MPS, ce qui lui permettrait d’éviter une crise de liquidité alors que 800 millions d’euros de dette senior vont tomber le 30 janvier. En tout, MPS affiche 12 milliards d’euros d’obligations qui arrivent à maturité en 2017. Le gouvernement a précisé que cet aspect du plan avait déjà été approuvé par Bruxelles.
La recapitalisation préventive interviendrait quant à elle d’ici deux à trois mois, le temps de mettre au point un plan de restructuration et de le faire valider par la BCE, et devrait atteindre environ 5 milliards d’euros, comme prévu dans le plan initial, d’après le quotidien italien Il Sore 24 Ore. Le sort des près de 28 milliards d’euros de créances douteuses est plus incertain, l’intervention de l’Etat offrant plus de latitude à la banque.
Une recapitalisation préventive par l’Etat implique la mise à contribution, ou «bail-in», des créanciers subordonnés. Le décret appelle à une conversion en actions des obligations tier 1 à 75% de leur valeur nominale, et des obligations tier 2 à 100% de leur valeur nominale. Pour éviter un retour de flamme politique, alors que près de 40.000 petits porteurs détiennent environ 2 milliards d’euros d’obligations de MPS, le décret prévoit un mécanisme de compensation. Les actions émises en contrepartie des obligations subordonnées pourront être échangées par la banque aidée contre de nouvelles obligations non subordonnées. Ces actions seront ensuite rachetées par le Trésor.
Plus d'articles du même thème
-
L’Autorité bancaire réaffirme ses idées de simplification des règles prudentielles européennes
A trois mois de la proposition finale de la Commission pour une simplification des règles prudentielles européennes sur les banques, l’Autorité bancaire européenne (EBA) fait un point d’étape avec L’Agefi. -
Goldman Sachs a profité de la volatilité des marchés au troisième trimestre
Le groupe dirigé par David Solomon a enregistré de solides performances dans la banque d'investissement malgré un ralentissement du marché des fusions-acquisitions. -
JPMorgan affiche un bénéfice trimestriel en hausse mais inférieur aux prévisions
La banque américaine a encaissé un bénéfice net de 15,30 milliards de dollars contre 14,39 milliards de dollars un an plus tôt. La dynamique semble toutefois moins forte qu'au deuxième trimestre. Les analystes visaient mieux, en attendant 2027 qui devrait être en forte croissance.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Plein gazEngie s'associe à CMA CGM pour produire du biométhane au Havre
Le biométhane est une alternative intéressante pour les industriels qui ont du mal à électrifier leur activité dans le cadre de leur transition énergétique -
Chamboule-toutFrançois Cornut-Gentille : « Pour la présidentielle, ce qui doit être radical, c’est le changement de méthode »
« On croit que l'exécutif de la Ve République est fort. En pratique, il n'a jamais été aussi faible, assailli de toutes parts », assure l'ancien député, spécialiste de la gouvernance -
Fuis-moi, je te suisMidterms : pour les républicains, la moindre photo avec Donald Trump devient un handicap
Impopularité du président, flambée des prix des carburants, guerre au Moyen-Orient... A trois semaines des élections de mi-mandat, des candidats du GOP se démarquent de leur président, au point d’effacer toute trace de son existence sur leur site de campagne