Rome donne un coup de pouce comptable à ses assureurs
Comme elle l’avait laissé prévoir la semaine dernière, l’Autorité italienne de surveillance dans le secteur des assurances (Isvap) s’est rapidement activée pour venir en aide aux compagnies locales, dont les portefeuilles sont touchés par la crise de la dette souveraine en Europe. Les investissements en emprunts d’Etat pèsent en effet plus de 200 milliards d’euros dans les portefeuilles des groupes d’assurances transalpins. La plupart de ces emprunts sont des titres d’Etat italiens, qui ont perdu de la valeur avec l’explosion de la crise de la dette et avec la croissance du différentiel par rapport aux obligations allemandes.
Pour réduire l’impact de ces dévaluations, l’Isvap a modifié son propre règlement donnant aux compagnies une plus grande marge de manœuvre afin qu’elles puissent alléger le poids des moins-values subies ces derniers mois sur les titres publics. Selon les mesures anticrise déjà en vigueur, les assureurs italiens peuvent prendre en compte, dans le calcul de leur marge de solvabilité, des prêts subordonnés et des moins-values stérilisées, avec un double plafond fixé à 50% de cette marge, et à 20% pour les seules moins-values sur actions et obligations. Ces deux seuils ont été relevés à 70% et 30%. Ce qui devrait permettre aux assureurs de continuer à porter les titres d’Etat italiens.
«Les mesures anticrise prises depuis trois ans ont protégé jusqu’à présent une partie des actions et des obligations, mais nous voulons chercher le moyen de renforcer cette protection dans une situation exceptionnelle», avait anticipé la semaine dernière le président de l’Isvap, Giancarlo Giannini lors d’un colloque à Milan, suscitant une grande attente auprès des compagnies italiennes. Ces dernières tablaient sans doute sur une mesure un peu plus incisive, surtout après la dégradation de l’Italie par Standard & Poor’s. Dans la foulée, l’agence de notation avait revu aussi, de stable à négative, la perspective de la plupart des assureurs italiens, dont Fondiaria-Sai et sa filiale Milano Assicurazioni, le groupe apparaissant le plus exposé au risque de marché, «du fait de lourds investissements dans le secteur financier de la Péninsule».
Au lendemain de la décision de l’Isvap, Fondiaria-Sai continuait de progresser à la bourse de Milan, terminant mercredi sur une hausse de 1,20% à 1,52 euro, alors que l’indice vedette FTSE Mib clôturait en baisse de 0,47%.
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