Resona se met en ordre de marche pour rembourser les aides publiques
Resona Holdings tire parti d’un environnement boursier serein pour presser le pas dans le cadre de ses efforts pour rembourser les deniers publics. Alors que la banque japonaise avait annoncé début novembre dernier son souhait de lever jusqu’à 600 milliards de yens à l’occasion d’une augmentation de capital dans un délai de douze mois, elle a fait part vendredi de sa volonté de franchir le pas dès ce mois-ci. 1,3 milliard de nouveaux titres ordinaires seront proposés aux investisseurs, dont près de la moitié aux investisseurs hors de l’Archipel. Cela à un prix qui sera déterminé entre le 24 et le 26 janvier, à la veille d’un placement dirigé par Goldman Sachs, BoA Merrill Lynch et Nomura.
Ces modalités valorisent l’opération à 680 milliards de yens au cours de clôture de 523 yens de Resona vendredi. La banque a pourtant tenu à se montrer prudente, en misant dans son communiqué sur un produit net de 575 milliards, l’équivalent de 5,3 milliards d’euros. Certes, le cours a déjà cédé 4,03% à la Bourse de Tokyo vendredi dans l’attente de l’annonce d’une augmentation de capital qui correspond à un doublement du nombre d’actions ordinaires. Shinichi Ina, analyste chez Credit Suisse, dont l’objectif de cours se situe effectivement à un quart en dessous du niveau actuel, s’est étonné que Resona souhaite émettre «tant de titres et si précocément». D’autant que malgré l’orientation positive du marché boursier nippon, le titre Resona n’est pas au mieux: le cours de la banque a cédé près de 60% depuis un plus haut de l’exercice fiscal atteint début avril 2010.
Il est vrai que la quatrième banque japonaise est encore débitrice de 1.700 milliards de yens auprès des pouvoirs publics, suite à des aides massives perçues à la fin des années 90 et en 2003.
Resona entend dès lors affecter le produit de l’opération annoncée vendredi au remboursement partiel (et afficher ainsi sa volonté de compléter ce remboursement par la suite) des deniers publics, par le biais du rachat d’une part des titres préférentiels convertibles détenus par l’établissement public de financement Deposit Insurance Corporation of Japan. La banque souhaite ainsi mettre en place une structure de capital «basée sur les titres ordinaires» et «facile à comprendre». En d’autres termes, améliorer la valorisation du groupe à terme.
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