RBS s’allège outre-Atlantique afin de contourner la pression réglementaire

La banque britannique va réduire son activité de trading lié à l’immobilier afin d’échapper à une supervision plus sévère de la Fed à compter de 2016
Benoît Menou

Royal Bank of Scotland poursuit sa cure de rigueur. Ayant annoncé en février dernier sa volonté de recentrage sur le marché britannique, la banque intensifie ses efforts en ce sens aux Etats-Unis avant que n’entrent en vigueur de nouvelles règles de supervision de la Réserve fédérale.

Après avoir en effet dévoilé son projet de cotation de sa banque de détail Citizens Financial pour le second semestre 2014 (avec une valorisation attendue autour de 15 milliards de dollars), avant une sortie complète prévue d’ici à fin 2016, RBS réduit la voilure en banque d’investissement. Elle va supprimer 400 postes environ (un salarié local sur six) d’ici à dix-huit mois dans le courtage de titrisations hypothécaires non garanties par les agences publiques de refinancement. RBS conserverait l’activité d’origination de ces produits.

Cette initiative, si elle répond à l’exigence de restructuration d’un établissement détenu à 80% par l’Etat britannique consécutive à un sauvetage historique, vise également à permettre à RBS de contourner la pression réglementaire exercée par la Fed. Cette dernière devrait en effet opérer à compter de 2016 un contrôle plus strict encore sur les activités américaines des banques étrangères dont le montant des actifs locaux dépasse 50 milliards de dollars, passant par des exigences accrues en matière de capital et l’instauration d’une holding regroupant les activités dans le pays. Et alors que les principaux acteurs concernés, Barclays ou Deutsche Bank, ne devraient pas y échapper, RBS tente aujourd’hui de maigrir pour passer sous ce seuil fatidique. La banque viserait selon des sources citées par le Wall Street Journal une réduction de 10 milliards d’ici à début 2015 de ses actifs pondérés par le risque dans le pays.

RBS, qui a annoncé en interne le projet de suppressions de postes aux Etats-Unis, met pour l’heure officiellement en avant l’inévitable évolution de ses métiers. Responsable de la titrisation et du crédit aux Etats-Unis, Scott Eichel a fait valoir à Bloomberg la fin d’un «âge d’or» pour les produits concernés par la purge. Tandis qu’un porte-parole, mettant en avant les objectifs de simplification des opérations, de gestion des risques et de réduction des coûts, a assuré que «tout comme le secteur des services financiers, l’activité de RBS aux entreprises et institutionnels doit continuer à évoluer».

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