RBS pourrait être privatisée en 2015
«C’est en 2014 que nous pensons redevenir une entreprise normale, a estimé hier Stephen Hester, directeur général de RBS. 2013 devrait être notre dernière grosse année de restructuration.» Malgré une lourde perte de 5,2 milliards de livres en 2012, comparé à 1,2 milliard en 2011, le groupe bancaire, détenu à 82% par les contribuables britanniques, estime ainsi avoir bien avancé dans son entreprise de restructuration démarrée en 2009.
L’optimisme de la direction de RBS s’explique par un bénéfice d’exploitation de 3,46 milliards de livres en 2012, deux fois plus qu’en 2011. Cette bonne performance a cependant été assombrie par une série d’éléments exceptionnels: le groupe a dû passer des provisions de 1,1 milliard pour couvrir les scandales liés à la vente d’assurances emprunteurs (PPI) et celle de produits dérivés aux PME. RBS a également dû enregistrer une moins-value comptable supérieure à 4,6 milliards de livres sur sa propre dette.
A la lumière de ces résultats, l’enveloppe des bonus a été réduite à 607 millions de livres comparé à 789 millions une année auparavant. «Nous nous situons dans la fourchette basse du secteur mais nous devons néanmoins refléter la réalité du marché», s’est défendu Philip Hampton, président du groupe.
Au cours des deux prochaines années, le groupe va achever sa cure d’amaigrissement de manière à mieux répondre aux exigences du régulateur en matière de renforcement du capital. La banque d’investissement, qui ne représente plus aujourd’hui que 20% du groupe comparé à 60% avant la crise financière, devrait encore être amputée de 20 à 25 milliards d’actifs risqués. La réorganisation de RBS va aussi passer par une mise en Bourse à New York d’ici à deux ans de 25% de sa filiale américaine Citizens, qui emploie 14.700 salariés et sert 5 millions de clients. Le groupe bancaire a enfin demandé un délai supplémentaire à la Commission européenne afin de finaliser la cession de ses 316 agences, prévue à l’origine d’ici à la fin 2013.
L’accomplissement de ces dernières étapes devrait permettre à RBS, qui avait reçu un soutien de 45,5 milliards de livres de la part du gouvernement britannique en 2008, d’envisager une privatisation à l’horizon 2015. La reprise d’un versement de dividendes est aussi à l’étude. Dans l’intervalle, la Bourse de Londres n’a guère apprécié la perte plus forte qu’attendue : la valeur faisait partie hier des plus grosses chutes du FTSE 100.
Plus d'articles du même thème
-
Salzgitter devient l’actionnaire unique du sidérurgiste HKM
Le groupe allemand, qui reprend les parts de ThyssenKrupp et de Vallourec dans leur coentreprise, prévoit de supprimer 2.000 emplois dans cette société. -
L’Autorité de la concurrence a autorisé un nombre de concentrations record en 2025
Le gendarme français de la concurrence devrait peu sanctionner cette année, après avoir prononcé pour 379 millions d’euros d’amendes l’an dernier. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Séjourner à la croisée des chemins en Corse
Des aiguilles de Bavella au Sud, au Cap Corse, à la pointe Nord de l’Ile de Beauté, voici cinq bons plans pour séjourner dans des hôtels d’exception qui vous invitent à parcourir les sentiers emblématiques ou confidentiels qui les entourent. -
DilemmesPrésidentielle : qui osera réformer le modèle social ?
Le modèle social français est une bombe à retardement. Qui sera prêt à la désamorcer ? Les candidats pour 2027 se font encore timides sur les grandes décisions à prendre sur la dépense et la nature du financement -
Casse-têtePartenaires sociaux : un réservoir d'idées encore inexploité sur le financement du modèle social
Pourtant experts sur la question, syndicats et patronat peinent à se retrouver pour caler un vrai débat sur le financement du modèle social avant l’élection présidentielle