RBS est accusée de tirer profit sans scrupules de la faiblesse des entreprises

Un rapport transmis aux régulateurs par le gouvernement dénonce des abus généralisés et appelle à davantage de concurrence bancaire
Benoît Menou

Royal Bank of Scotland accumule les déboires, mettant à mal le scénario d’un retour en des mains privées souhaité par le gouvernement britannique, détenteur de 81% du capital depuis le sauvetage de la banque en 2008. Après avoir soldé en février pour 455 millions d’euros les poursuites des autorités sur des soupçons de manipulation des taux interbancaires de référence, et alors qu’elle a confirmé être concernée par l’enquête relative à la manipulation du marché des changes, RBS a subi hier une nouvelle attaque, concernant cette fois son comportement jugé inapproprié envers les entreprises en difficultés.

Invité par le ministère du Commerce à enquêter sur les pratiques des banques, le président du groupe diversifié LNT, Lawrence Tomlinson, a publié un rapport très virulent concernant RBS.

La banque britannique y est accusée de pousser nombre de ses clients dans les bras de sa division dédiée au redressement d’entreprise, GRG (Global Restructuring Group), afin de tirer parti de plus fortes commissions de gestion et, in fine, de pouvoir prendre le contrôle à prix bradés d’actifs par le biais de sa filiale immobilière West Register. RBS agirait ainsi en prédateur pour son seul intérêt, ruinant «sans scrupules» des sociétés viables.

Le ministre des Finances George Osborne tout comme celui du Commerce Vince Cable ont jugé préoccupants les résultats du rapport, transmis aux régulateurs pour examen approfondi. La FSA et la PRA n’ont pas souhaité commenter. Le gouvernement s’inquiète en effet de l’impact de telles dérives sur la reprise économique. Affirmant de son côté que «toutes les entreprises faisant face à des problèmes financiers majeurs ne peuvent être sauvées», RBS a indiqué avoir mandaté le cabinet d’avocats Clifford Chance pour mener l’enquête.

Lawrence Tomlinson en appelle au renforcement de la concurrence au sein du secteur bancaire, alors que 60% du marché des prêts aux PME outre-Manche se trouve entre les mains de RBS et de Lloyds. Ces mastodontes devraient selon le rapport être scindés en six entités disposant chacune de 10% du marché, qui se partageraient également la banque de détail, tandis que les autres activités, comme la banque d’investissement, devraient être vendues. Cela avant privatisation. De quoi replacer au cœur des préoccupations des banques selon le document la relation de long terme avec ses clients plutôt que la tentation de profit à court terme.

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