Raiffeisen montre l’exemple en bouclant avec succès son augmentation de capital
Plus vite et plus haut que prévu. Alors que Raiffeisen Bank International avait indiqué le 8 janvier songer à une augmentation de capital de 2,0 à 2,25 milliards d’euros au cours des six prochains mois, la banque autrichienne a surpris en lançant dès mardi soir une manœuvre destinée tant à poursuivre le remboursement des deniers publics qu’à préparer le bilan aux exigences de la prochaine revue de qualité des actifs (AQR) de la BCE ou à la mise en application de Bâle 3.
L’opération permettra surtout à Raiffeisen, qui a longtemps résisté à l’appel du marché, de prendre les devants face à certaines concurrentes qui pourront devoir suivre l’exemple d’ici quelques mois. La banque a même récolté un montant supérieur aux prévisions, et l’action a pris 2,84%. Les 97,5 millions de titres nouveaux offerts seront en effet adjugés au prix unitaire de 28,50 euros, correspondant à un montant total de 2,78 milliards. La banque a fait part dès hier du succès du pré-placement réalisé auprès d’investisseurs institutionnels, qui ont souscrit l’ensemble de l’émission.
Actionnaire majoritaire avec 78,7% du capital actuel, Raiffeisen Zentralbank Österreich (RZB) a consenti à une dilution en s’engageant à hauteur de 750 millions, ce qui devrait ramener sa part à 61% environ à l’issue de l’augmentation de capital. Cette dernière est dirigée par Deutsche Bank, Raiffeisen Centrobank et UBS, épaulées par Barclays, BNP Paribas, Commerzbank, ING et Intesa.
Raiffeisen a ainsi pu engager dès hier la seconde phase de la transaction, à savoir l’offre aux actionnaires existants par émission de droits préférentiels de souscription non négociables. RZB s’abstenant, les titres promis aux investisseurs du préplacement pourront ainsi faire l’objet d’une restitution (clawback) à hauteur de 21,3%. La souscription, à raison d’un titre nouveau à 28,50 pour deux existants détenus, sera ouverte du 24 janvier au 7 février.
L’opération permettra à Raiffeisen d’afficher un ratio core equity tier 1 sous Bâle 3 de 9,7%, contre 6,5% au 30 septembre dernier. Eleni Papoula, analyste chez Berenberg, veut croire que ce ratio pourrait s’élever à 10,9% en fin d’année prochaine grâce à l’intégration des bénéfices et à une modération sur le versement des dividendes. La banque a promis un remboursement dès cette année à l’Etat de sa participation consentie durant la crise pour 2,5 milliards d’euros.
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