Rabobank poursuit sa stratégie singulière de financement

La banque néerlandaise, qui a largement anticipé ses besoins, prévoit de diviser par deux ses émissions de dette à moyen long terme en 2012
Alexandre Garabedian

Rabobank reste un cas à part dans le secteur bancaire. La banque coopérative néerlandaise, seule de sa catégorie à bénéficier encore du fameux AAA chez Moodys’ et S&P, prévoit de diviser par deux ses émissions obligataires seniors l’an prochain. Elle table sur un volume d’émission de 20 à 25 milliards d’euros, contre un volume de 40 milliards émis cette année et supérieur de 43% aux tombées prévues en 2011. Mais pour ses dirigeants, cette réduction des besoins est d’abord à mettre au compte de l’avance prise en matière de refinancement, et non d’un mouvement de réduction du bilan tel qu’on l’observe chez les concurrents.

«Nous avons été très conservateurs en levant des montants significatifs de capitaux sur plusieurs années, juste pour être préparés à un scénario qui était alors hautement improbable et dans lequel nous vivons aujourd’hui, a indiqué à Bloomberg Michael Gower, le responsable du financement à long terme de Rabobank. La banque n’a pas besoin d’emprunter avant 2013, donc il n’y a pas de pression».

Le «Crédit Agricole hollandais» fait face à environ 32 milliards d’euros de tombées obligataires en 2012 et 20 milliards l’année suivante, selon une présentation publiée sur son site internet. Ses réserves de cash ont doublé entre fin 2010 et juin 2011, à 26,5 milliards. En préfinançant cette année une partie de ses besoins, le groupe a aussi diminué la part du financement à court terme. Ce dernier représentait fin juin 11% de ses 665 milliards d’euros d’actifs, contre 12% un an auparavant et 17% en 2008.

Triple A oblige, Rabobank entend poursuivre sa stratégie singulière en matière de refinancement. Alors que les autres banques ne peuvent aujourd’hui émettre que des obligations sécurisées, le groupe privilégiera la dette senior unsecured. «Dans ces établissements, les covered bonds s’accaparent les meilleurs actifs du bilan », résume Michael Gower. Celui-ci considère que le boom des émissions d’obligations sécurisées cette année «affaiblit la qualité de crédit du secteur bancaire européen, ce qui n’est pas une bonne chose».

Rabobank s’est distinguée en 2011 en plaçant des obligations contingentes et des titres hybrides qui pourront prendre des pertes si la solvabilité du groupe se dégrade sous un seuil défini à l’avance. La banque a aussi multiplié les émissions en devises étrangères, comme le dollar canadien ou australien et la couronne danoise.

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