Prises de bénéfices et nouveaux paris animent les valeurs bancaires
La saison des résultats est propice à la révision des valeurs détenues en portefeuilles. C’est vrai pour les valeurs bancaires européennes, avec des prises de bénéfices, ou, au contraire, de nouveaux positionnements sur des titres qui étaient davantage délaissés. Du côté des banques françaises, le cours de BNP Paribas est resté stable vendredi 30 avril, malgré l’annonce de bons résultats trimestriels. Les actionnaires ont préféré temporiser, après, tout de même, un rebond du cours de l’action de la banque de plus de 75% depuis l’automne dernier. Cette semaine, ce sera au tour de la Société Générale le 6 mai et du Crédit Agricole le 7, de passer au tamis des analystes et des investisseurs.
Depuis plusieurs mois, les banques sont revenues dans les portefeuilles, l’indice bancaire européen ayant progressé de plus de 65% depuis novembre 2020. Mais ces dernières semaines ont montré que toutes ne sont pas logées à la même enseigne. Chaque point de faiblesse décelé dans leurs résultats trimestriels, même minime, se paye dans les cours. Et cela même si les déceptions n’ont rien de comparable avec l’accident industriel qui a touché Credit Suisse depuis le début de l’année. Son cours a en effet chuté de près de 25% depuis le mois de mars, pour des raisons bien justifiées. Les affaires liées à Greensill et son exposition au fonds Archegos ont d’ailleurs valu à l’administrateur en charge du comité des risques de ne pas briguer un autre mandat lors de l’assemblée générale de la banque vendredi 30 avril.
Mauvaise pioche
Mais même les banques qui avaient plutôt la faveur des investisseurs ces derniers temps peuvent pâtir de la déception des opérateurs de marché. Cela a par exemple été le cas de Barclays, une des stars de la cote depuis plusieurs mois. La banque a publié vendredi 30 avril, un bénéfice trimestriel avant impôts de 2,4 milliards de livres (2,76 milliards d’euros), soit le double de celui qu’avait atteint la banque un an plus tôt. Malgré ces chiffres, ce n’est pas ce point qu’ont regardé les investisseurs. Ils ont surtout noté que le trading sur les taux d’intérêt, devises et matières premières, avait marqué un recul de 35%.
La sanction a été radicale. La banque a eu beau expliquer que cette baisse de performance était due à une moindre prise de risques, le jour de cette annonce le cours de bourse de la banque a chuté de 7%. Des prises de bénéfices qui peuvent se comprendre car le cours de Barclays a plus que doublé depuis l’automne dernier.
Bonne pioche
De son côté, Deutsche Bank, qui a aussi publié un très bon résultat trimestriel – son meilleur depuis 2014 – a vu son cours prendre plus de 10% dans les jours qui ont suivi. La banque, dont l’action a certes rebondi depuis l’automne, mais de seulement 22%, reconquiert peu à peu la confiance de ses actionnaires. Non seulement elle a réussi à passer à travers les mailles de la faillite d’Archegos – avec qui elle était pourtant en relation d’affaires – mais la banque allemande a aussi relevé ses anticipations de revenus pour l’année en cours. Elle estime maintenant que ses revenus de 2021 resteront stables par rapport à ceux de l’année précédente, alors qu’auparavant elle s’attendait à une légère baisse. Sur Deutsche Bank, le rattrapage boursier a peut-être commencé.
Comme à l’accoutumée, pendant cette période de publication des résultats, les actionnaires des banques surveillent l’évolution des revenus des structures, de leurs provisions, leur performance sur les métiers où elles sont déjà fortes et, évidemment leur gestion du risque. Cependant, leur parcours boursier récent prend un poids plus fort encore dans les décisions d’investissement.
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