Predica et BNP Paribas se préparent à de nouvelles provisions sur la Grèce
Au quatrième trimestre, les comptes des banques et des assureurs français porteront encore la trace de la restructuration de la dette grecque. Le secteur devrait en effet passer un complément de provisions, bien moins élevé qu’au troisième trimestre, pour tenir compte des dernières évolutions des discussions entre la Grèce et ses créanciers privés, qui ont repris hier. Celles-ci rendent de plus en plus plausible l’hypothèse d’une perte en valeur actuelle nette de 68% sur la valeur des emprunts d’Etat grecs.
A fin septembre, les banques françaises avaient provisionné à hauteur de 60% leurs obligations grecques. L’Autorité de contrôle prudentiel pourrait leur demander de porter cette décote entre 70% et 75%, indique Le Monde daté de ce jour. La plupart des analystes financiers ont déjà intégré une décote supplémentaire au quatrième trimestre: dans une note sur CNP, ceux de la Société Générale estimaient hier que l’assureur ferait passer son taux de provisionnement de 50% à 65%.
BNP Paribas serait, une fois encore, la plus affectée. La banque a déjà passé aux deuxième et troisième trimestres des dépréciations de 2,675 milliards d’euros, ce qui fait de la Grèce le plus gros sinistre de l’histoire du groupe. En appliquant une règle de trois, qui exclut les tombées éventuelles sur la fin de 2011, toute décote supplémentaire de 10% équivaudrait à une charge d’environ 450 millions d’euros.
Pour BPCE, qui a passé des dépréciations cumulées de 867 millions, l’ardoise atteindrait 150 millions. Elle serait une fois de plus largement supportée par le Crédit Foncier, qui porte l’essentiel de l’exposition du groupe à la Grèce. A la Société Générale, la facture se chiffrerait plutôt en dizaine de millions d’euros.
Reste le cas du Crédit Agricole. Au niveau de la banque, dont l’exposition résiduelle à la Grèce est de 177 millions d’euros, le surcoût aurait peu d’impact. Mais l’exposition brute des filiales d’assurance (notamment Predica) est bien supérieure: 6,3 milliards d’euros. Un portefeuille déprécié de 3,8 milliards d’euros aux deuxième et troisième trimestres, dont 3,2 milliards à la charge des assurés et 620 millions pour le groupe (avant imputation aux minoritaires). Une nouvelle décote de 10% supposerait 630 millions de charges, à répartir entre le Crédit Agricole et ses assurés.
Plus d'articles du même thème
-
Les agences changent leurs notations sur les titrisations de prêts à effet de levier
Fitch et Moody’s ont modifié cet été leurs grilles d’évaluation pour relever la notation de centaines de tranches de titrisations adossées à des prêts à effet de levier («leveraged loans») plutôt risqués. Cette démarche ravive la crainte de voir le crédit structuré présenté comme plus sûr qu’il ne l’est réellement. Comme avant 2007. -
CNP Assurances souffle les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Après avoir mené une consultation de marché tambour battant, Tégo, l’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, confirme en assemblée générale la résiliation de ses contrats emprunteur jusque-là gérés par Allianz et AGPM Klésia au profit de CNP Assurances. Et cela ne pourrait être que le début. -
Les filles de Pierre Bellon se succèdent à la présidence de Sodexo
En poste pendant près de 11 ans, et PDG presque quatre ans, Sophie Bellon passe les rênes du conseil d’administration du groupe de restauration à sa sœur Nathalie Bellon-Szabo.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance » -
Fil rougeLes candidats à la présidentielle promettent de ne pas toucher à l'épargne pour combler la dette
L'Afer, la plus importante des associations d'épargnants, a soumis trois questions phares, mardi soir, à sept candidats à la présidentielle