Politique monétaire non conventionnelle : que faire ?
La Banque du Japon (BoJ) achète des actions, celles des banques et celles des entreprises détenues par les banques. La Fed achète des billets de trésorerie et les dettes émises par les agences de refinancement hypothécaire. La Banque d’Angleterre (BoE) achète la dette de court terme des entreprises. La Banque nationale suisse (BNS) émet des certificats de dette pour financer le rachat des actifs toxiques. Que fait la BCE de son côté? Elle réfléchit.
La mise en œuvre d’instruments non conventionnels par la BCE est un vrai casse-tête. Premièrement, faut-il acheter de la dette pour compte propre, alors que les actifs pris en pension ne représentent toujours que 20% des actifs éligibles? La BCE a élargi la gamme des collatéraux aux dettes «BBB», ce qui rend plus de 80% des dettes privées éligibles. Deuxièmement, la BCE peut-elle contourner les banques sans créer d’asymétries? Acheter des billets de trésorerie n’aiderait que les entreprises allemandes et françaises. Auquel des seize Trésors publics de la zone euro apporter des fonds ou pas? Après tout, cette question se pose-t-elle, puisque le pilotage des taux n’est pas symétrique non plus, puisque certains pays membres se financent à taux variables et d’autres à taux fixes? Troisièmement, à quoi sert de financer directement l’économie, quand le passif des entreprises européennes est constitué à 80% de crédits intermédiés?
Une solution, empruntée à la BoJ, séduit: acquérir des actions de banques. Ceci accélérerait les recapitalisations et garantirait la transmission de la politique monétaire. En entrant à leur capital, la BCE peut infléchir la distribution du crédit par les banques commerciales. Mais les actions ne sont plus un actif éligible depuis 2004. Si de plus les banques ont un actionnariat public, la BCE souhaite-elle débattre dans un conseil d’administration avec des gouvernements?Bref, les limites que la BCE rencontre aujourd’hui sont dessinées par le manque d’intégration financière en Europe. Il ne se résout pas dans l’urgence. Et si le plus simple était de se plier à la politique monétaire à taux zéro, comme notre indicateur le suggère à horizon 2010?
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