Pictet affiche pour la première fois sa solidité financière
Pictet & Cie a donc mis fin à 209 années de discrétion. Pour la première fois de son histoire, la banque suisse a rendu publics hier ses résultats. Une transparence que le groupe dit avoir envisagée avant la crise financière, mais qui découle plus directement du changement de structure juridique en société de commandite par actions adopté le 1er janvier 2014. Cette publication a le mérite de lever le voile sur la rentabilité de la troisième banque privée suisse, derrière UBS et Credit Suisse, dans un marché pourtant secoué ces dernières années par les enquêtes internationales sur l’évasion fiscale. Le groupe n’a pas publié de comparaison avec les exercices précédents jugeant l’opération impossible alors que «la transformation de la structure juridique a généré des changements au bilan et au compte de résultat».
Au cours des six premiers mois de l’année, Pictet a réalisé un bénéfice net de 202,9 millions de francs suisses (168 millions d’euros), pour 975 millions de produits d’exploitation. Les charges d’exploitation s’élèvent à 704,1 millions soit un ratio coûts-produits de 75%. Le rendement des fonds propres (ROE) s’élève à 17,6%, devant celui de son concurrent Julius Baer (16,2%).
Le ratio de fonds propres de première catégorie, calculé sur la base des 2 milliards de fonds propres, ressort à 21,7%, «un niveau nettement supérieur aux exigences minimales, qu’il s’agisse du seuil de 4,5% fixé par Bâle 3 ou de celui de 7,8% défini par la FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers), à la surveillance de laquelle est soumis Pictet», indique la banque. Le ratio de liquidité à court terme atteint 166%, au dessus du minimum réglementaire de 100% prévu par Bâle 3.
Au 30 juin, les actifs sous gestion ou en dépôt s'élevaient à 404 milliards, soit une progression de 13 milliards par rapport au 31 décembre 2013. «Chaque jour nous gagnons de nouveaux clients venant d’autres banques en difficulté, réorganisées, restructurées, vendues ou fusionnées», a indiqué à Bloomberg Jacques de Saussure, associé senior de Pictet.
Concernant la fin de la procédure avec les autorités américaines sur le dossier fiscal, la banque dit ne pas avoir de visibilité sur la date et les modalités d’un éventuel accord. «Le rythme est décidé par les autorités américaines, pas par nous», a indiqué Jacques de Saussure. N’ayant pas chiffré le risque financier encouru, Pictet n’a inscrit aucune provision relative à cette procédure.
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