Pékin relance la titrisation dans un secteur bancaire lesté d’encours douteux

Les années de crédit facile se traduisent par une hausse de 3,5% des prêts douteux des quatre géants du secteur sur le trimestre écoulé
Benoît Menou

Pékin a longtemps laissé tourner à plein régime le moteur du crédit bancaire dans un souci de soutien à la croissance. Mais le souhait désormais affiché par les autorités chinoises de maîtriser cette progression du PIB à un niveau plus modéré met en lumière des surcapacités industrielles dans certains secteurs (le Premier ministre Li Keqiang a demandé en juillet à 1.400 sociétés dans 19 secteurs d’y prendre garde) et, par ricochet, affecte les banques qui voient progressivement l’héritage des dernières années de dynamisme se traduire en hausse des créances douteuses à mesure que la qualité des prêts historiques tend à se dégrader.

Erodant la progression des bénéfices nets, le montant des prêts douteux enregistrés par les quatre principales banques chinoises (Industrial and Commercial Bank of China, China Construction Bank, Agricultural Bank of China et Bank of China) a ainsi progressé de 3,5% au cours du troisième trimestre pour atteindre 329,4 milliards de yuans (44 milliards d’euros). Et alors que la réglementation impose un taux de couverture de 150% de ces créances par les provisions, les quatre mastodontes bancaires affichent à fin septembre un taux de 279%, 7 points de plus qu’à fin juin.

L’impact des années de vive hausse du crédit ne se manifeste pas encore pleinement, avec un taux de prêts douteux restant voisin de 1% pour l’ensemble du secteur. Fitch relevait en septembre que les intérêts bancaires devraient représenter 12,5% du PIB chinois en 2013 contre 7% en 2008, mais pourraient grimper jusqu’à 22% fin 2017. De quoi selon l’agence «terrasser les emprunteurs», et donc donner du fil à retordre aux banques.

Dans ce contexte, Pékin tente selon Reuters de relancer efficacement un programme pilote de titrisation des prêts (CLO, collataralised loan obligation) en l’étendant à l’ensemble des 42 banques étrangères disposant d’une filiale enregistrée localement. Les régulateurs auraient sollicité les banques pour préparer des projets préliminaires. Le programme, inauguré en 2005 mais mis en sommeil pendant la crise, est destiné à soulager les banques d’une dose de risque.

L’ouverture aux établissements étrangers représente certes un potentiel en soi limité, mais elle pourrait inciter les banques chinoises à entrer dans le jeu, si toutefois elles se montrent transparentes quant à la qualité des actifs afin de séduire les investisseurs.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...