Paul Tucker nie toute intervention dans le scandale du Libor

Le vice-gouverneur de la Banque d’Angleterre a soutenu qu’il n’avait reçu aucune pression de la part de l’ancien gouvernement travailliste
Stéphanie Salti, à Londres

Paul Tucker, vice-président de la Banque d’Angleterre, ne jouait pas moins hier que sa place de futur gouverneur de la BoE en remplacement de Mervyn King l’an prochain. Sur sa demande, le professionnel a passé plus de deux heures à répondre aux questions d’une commission parlementaire sur son rôle dans le scandale de la manipulation du taux interbancaire Libor, qui a causé la semaine dernière la démission du directeur général de Barclays Bob Diamond et du directeur des opérations de la banque Jerry del Missier.

Questionné sur l’échange téléphonique survenu entre lui et Bob Diamond fin octobre 2008, Paul Tucker a regretté que la BoE n’ait conservé aucune trace de cette conversation. Mais selon lui, la dernière ligne du mémo présenté par Bob Diamond suggérant que le vice-gouverneur avait toléré la manipulation, ne reflète pas la réalité : «Ce mémo aurait dû dire quelque chose comme : êtes-vous sûrs que vous, la direction de Barclays, suivez le déroulement quotidien de vos opérations de marchés monétaires», a-t-il indiqué, «êtes-vous sûrs que vous ne lancez pas, sans vous en rendre compte, des messages selon lesquels vous avez besoin de payer pour vous financer ?»

Selon le vice-gouverneur, l’objectif de cette conversation générale était double : d’une part, il s’agissait de savoir si le plan de garantie de crédit lancé à l’époque pour soutenir les banques britanniques faisait effet. La conversation avait aussi pour objectif d’informer Barclays que le marché, mais aussi des personnalités du gouvernement, s’inquiétaient sur la capacité de l’établissement bancaire à se financer. Le vice-gouverneur a également fermement démenti avoir reçu des instructions de la part de personnalités seniors de l’ancien gouvernement travailliste pour faire baisser les taux de Libor.

Une déclaration qui risque fortement de mettre en défaut le chancelier de l’Echiquier George Osborne, qui la semaine dernière, incriminait Ed Balls, alors secrétaire à l’enfance au sein du gouvernement de Gordon Brown. Faisant écho aux propos de Bob Diamond, Paul Tucker a également insisté sur le fait qu’il n’a été mis au courant de l’ampleur des manipulations que très récemment : «nous ne savions pas ce que l’enquête sur le Libor allait montrer. Ce qui a été révélé a été un énorme choc».

Le vice-gouverneur a également rappelé à maintes reprises les circonstances exceptionnelles dans lesquelles le monde bancaire se trouvait en 2008 : «Durant certaines périodes, les marchés étaient gelés et les taux interbancaires ne reflétaient pas la réalité».

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