PartnerRe veut se hisser parmi les quatre premiers réassureurs mondiaux
Au terme d’une saga pleine de rebondissements, Exor a fait un pas décisif vers le rachat pour près de 7 milliards de dollars de PartnerRe. La période de «go-shop», qui permettait au réassureur de solliciter et d’accepter une offre mieux-disante en échange d’une «breakup fee», a expiré à minuit.
La holding de la famille Agnelli, qui a déjà investi dans PartnerRe lors de la création du réassureur en 1993, espère désormais boucler l’opération au premier trimestre 2016. John Elkann, PDG d’Exor, et Emmanuel Clarke, récemment nommé président de PartnerRe, ont vanté hier à Monte-Carlo, en marge des Rendez-Vous de Septembre, les mérites de l’opération.
«Un actionnariat privé va nous apporter de la solidité financière car Exor s’engage à réinvestir une partie des bénéfices dans le bilan et va aussi accroître la flexibilité en supprimant certaines contraintes naturelles liées au statut de société cotée sous la supervision de la SEC (Securities and Exchange Commission, ndlr)», explique Emmanuel Clarke, qui a rejoint PartnerRe en 1997.
Rien d’évident pour une opération de fusion-acquisition
Neuvième acteur mondial selon S&P, avec un volume de primes nettes souscrites de 5,71 milliards de dollars en 2014, le réassureur entend figurer parmi les quatre premiers acteurs du secteur. Un objectif «réaliste», estime John Elkann qui se dit optimiste quant aux perspectives à long terme de l’industrie. «Nous ne voulons pas bâtir un modèle hybride mais plutôt nous en tenir à un modèle de réassurance pure», ajoute l’investisseur italien.
«La taille dans l’assurance concerne les économies d’échelle, alors que la taille dans la réassurance porte sur la pertinence du modèle», renchérit Emmanuel Clarke. Dans ce contexte, «il n’y a rien dans notre périmètre d’activité ou géographique qui semble aujourd’hui évident pour une opération de fusion-acquisition». Sous l’ombrelle d’Exor, PartnerRe va ainsi pouvoir se libérer davantage des impératifs des marchés financiers. «Il n’y a pas de nécessité de croître dans un environnement où les prix et les conditions ne sont pas favorables. Vous pouvez ainsi être beaucoup plus flexible», assure John Elkann, fier de cet investissement de la cinquième génération Agnelli.
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