Avec 92 millions d’euros de pertes sur neuf mois en 2018, Orange Bank est confrontée aux difficultés du modèle des néobanques.
Publié le
Daxia Rojas
Orange Bank ne dévoile pas le nombre de ses clients.
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RK
La fièvre Orange Bank est retombée. Les résultats trimestriels d’Orange publiés ce jeudi font état d’un Ebitda négatif de 31 millions d’euros pour Orange Bank au troisième trimestre 2018, ce qui porte à 92 millions sa perte opérationnelle depuis le début de l’année. Arrivée en grande pompe sur le marché des banques digitales en novembre 2017, Orange Bank avait essuyé une perte nette de 94 millions d’euros l’année de son lancement.
Ne souhaitant pas dévoiler le nombre de clients actuels d’Orange Bank, l’opérateur télécoms préfère insister sur son objectif : deux millions de clients en dix ans. Ramon Fernandez, le directeur financier d’Orange, rappelle que la filiale bancaire a acquis au troisième trimestre entre 15.000 et 20.000 clients par mois. 60% des recrutements s’effectuent dans les boutiques de l’opérateur. Orange est «un acteur pédagogique pour le plus grand nombre sur l’accès à la banque digitale», a commenté Fabienne Dulac, directrice exécutive d’Orange France lors d’une téléconférence.
Malgré les moyens colossaux de sa maison-mère, la principale difficulté d’Orange Bank consiste, en effet, à convaincre les particuliers de la valeur ajoutée d’une offre 100% digitale par rapport aux établissements traditionnels. «Beaucoup de clients des néobanques, comme N26, les utilisent comme un portefeuille d’appoint plutôt qu’une vraie banque. Très peu ont rattaché leur source de revenus à ces comptes. Les évolutions des habitudes bancaires sont des cycles lents», analyse Julien Maldonato, associé industrie financière au cabinet Deloitte. Par ailleurs, «Orange Bank a démarré sur un catalogue d’offres limitées avec quelques anomalies au départ dans les souscriptions. Il y a eu des remontées de clients déçus via les marchés d’applications (App Store et Google Play) et des fonctionnalités qui tardent à se renouveler», détaille l’expert de Deloitte. Certains utilisateurs n’avaient pas compris par exemple qu’il fallait être client Orange pour bénéficier de la prime de bienvenue offerte à la souscription.
Un autre élément d’explication au démarrage poussif d’Orange Bank tient à la résistance des banques classiques. «Le Crédit Agricole a lancé Eko et La Poste prépare sa banque mobile. Les banques ont leur propre offre low cost, pour que l’argument du prix ne favorise pas un nouvel entrant», note Julien Maldonato. De son côté Orange Bank devrait donner plus de détails sur sa stratégie et ses chiffres avant la fin de l’année, lors d’une conférence prévue à Londres.
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