Nouvelle détérioration des bilans des banques espagnoles
La Banque d’Espagne a annoncé vendredi que le montant des crédits que les banques espagnoles auront dû mal à récupérer s’élevait à 164,36 milliards d’euros. Du jamais vu depuis la création en 1962 de sa série de statistiques, battant ainsi le record du taux d’encours douteux de 9,15% atteint lors de la faillite de Banesto en février 1994.
Sur les 1.742 milliards de crédits concédés par les banques espagnoles, 9,42% sont des crédits immobiliers qui ne seront certainement pas remboursés, estime la Banque d’Espagne. Pourtant les mois précédents, le taux de créances douteuses se situait à un niveau bien inférieur: 8,96% en mai et 8,72% en avril.
Ce record historique confirme la détérioration du système financier espagnol qui a subi de plein fouet l’impact de l’éclatement de la bulle immobilière fin 2007. Des faillites en cascade d’agences immobilières et de promoteurs ont entraîné dans leur chute tous les secteurs de l’économie espagnole, provoquant une envolée des impayés et des créances douteuses. Les banques et caisses d’épargne se sont ainsi retrouvées avec des actifs immobiliers dont elles n’arrivent pas à se débarrasser, d’autant plus que leur valeur actuelle n’a plus rien à voir avec les prix de l’époque du boom.
C’est la raison pour laquelle le gouvernement espagnol a chargé des cabinets d’audit de réviser les comptes de ces établissements pour faire la lumière sur le montant exact des crédits mal classifiés. Ces audits, qui avaient chiffré jusqu’à 62 milliards d’euros les besoins des banques pour assainir leurs bilans, avaient permis d’établir le montant de l’aide que l’Espagne compte demander à Bruxelles. Une première tranche de 30 milliards d’euros devrait être versée sous peu aux quatre banques nationalisées Bankia, Catalunya Caixa, Novagalicia Banco et Banco de Valencia.
Mais on attend encore la publication des résultats en septembre des nouveaux audits menés par quatre autres cabinets pour connaître le montant exact du prêt que l’Espagne sollicitera officiellement. Pour le moment, on parle de 100 milliards d’euros. La rentrée réserverait-elle des surprises?
Selon les experts interrogés par la presse espagnole, les risques d’impayés s’amplifieront prochainement en raison de la situation macroéconomique morose: le gouvernement table sur un recul du PIB de 1,5%, et un taux de chômage qui pourrait passer de 24,6% à plus de 25% fin 2012.
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