Nomura pense redevenir rentable en Europe d’ici fin 2012
Nomura Holdings espère renouer avec les profits en Europe d’ici fin 2012, mettant ainsi un terme aux difficultés créées par la reprise à la barre des activités européennes de Lehman Brothers en 2008. La banque nippone vient de subir quatre trimestres consécutifs de pertes en Europe. Au quatrième trimestre de l’exercice à fin mars dernier, la perte en Europe s’est élevée à 10,1 milliards de yens (89 millions d’euros), précipitant un repli de 35% du résultat net du groupe à 11,9 milliards.
«Au cours des dix-huit prochains mois, notre performance va s’améliorer significativement en termes de rentabilité», a confié à Bloomberg Jesse Bhattal, ancien président des activités asiatiques de Lehman, et nommé au printemps 2010 responsable mondial de la toute nouvelle division de banque de gros du groupe nippon. Sa mission : concrétiser les ambitions mondiales de Nomura dans ces activités. Premier membre non japonais du comité exécutif de Nomura, le dirigeant entend maintenir le cap d’une «discipline de coûts très agressive» et de réallocation des capitaux vers les segments les plus rentables, notamment au détriment des matières premières au bénéfice des dérivés actions et taux. La banque met aussi l’accent sur le conseil au sein des opérations majeures de fusions-acquisitions.
Mais le dirigeant ne regrette rien, car l’acquisition des actifs de Lehman en ces temps de marchés chahutés constituait «une opportunité immanquable». Même si l’intégration a correspondu à une cure d’austérité, le cabinet Freeman estimant à 182 millions de dollars les commissions engrangées en banque d’investissement en Europe occidentale l’an passé, contre un montant cumulé de 569 millions pour Nomura et Lehman en 2007. Certes la marge de progression reste conséquente, Bloomberg classant Nomura au dix-septième rang des conseillers en M&A européennes cette année et au dixième rang sur les placements d’émissions d’actions.
Déjà, Jesse Bhattal s’est félicité d’avoir mis un terme à l’hémorragie de talents, avec un taux de départ selon lui désormais «plus faible que la moyenne du secteur». Un soulagement, d’autant que la période de recrutement en Europe - 800 banquiers l’an dernier - est presque achevée.
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