Natixis remet Coface sur le chemin de la Bourse

Le départ de Jérôme Cazes crédibilise le scénario de cotation de l’assureur-crédit. L’affacturation et le projet d’agence de notation sont menacés
Antoine Landrot

Le retour à la croissance de Coface au troisième trimestre n’aura pas suffi. Son actionnaire Natixis a considéré que le retard pris par rapport à ses concurrents, notamment Euler Hermes, était rédhibitoire: Jérôme Cazes, le directeur général de l’assureur-crédit, a été débarqué vendredi à l’issue du conseil d’administration de la société. La nouvelle a été annoncée le jour même par un communiqué sibyllin. Son remplaçant est Jean-Marc Pillu, directeur financier du groupe de prévoyance Mornay et ancien président d’Euler Hermès en France.

Dans les couloirs de Coface et Natixis, on évoque une «divergence stratégique». «L’actionnaire vient de décider que la stratégie mise en œuvre n’était pas celle qui convenait à une mise en Bourse de Coface et a décidé de la modifier au profit d’une stratégie nouvelle», a écrit Jérôme Cazes dans un message à ses troupes. Refusant de démissionner, il a été révoqué séance tenante après 22 années de service.

Son départ ouvre donc la voie à la cotation de Coface, qui était l’une des pistes explorée par Natixis. «Elle sera étudiée de façon beaucoup plus sérieuse», explique une source de la banque. Dans cette hypothèse, il fallait rendre l’assureur-crédit plus présentable – et surtout plus pérenne.

Car force est de constater que la diversification de Coface, impulsée par Jérôme Cazes, dans l’affacturage par exemple, obère son autonomie financière. En effet, elle bénéficie auprès de Natixis d’un taux de refinancement très inférieur aux prix du marché – ce que la banque refuse désormais. «Cette activité est très consommatrice de fonds propres, à un moment où la liquidité est rare. En outre, la Coface a déjà été recapitalisée deux fois», insiste un cadre de Natixis.

Le recentrage est donc au programme. L’arrêt pur et simple de l’affacturage serait compliqué socialement. Le rapprocher de celui de Natixis, au sein du pôle services financiers, peut être un moindre mal. Deuxième chantier: le projet d’obtention du statut d’agence de notation auprès de la Commission européenne. «Le modèle proposé par Coface n’entrait pas dans les critères de Bruxelles», expliquent certains collaborateurs, ce qui a conduit la société à réduire de dix à deux le nombre de pays visés par la demande d’autorisation. Le projet sera probablement arrêté. Reste également à statuer sur l’activité des services, dont le résultat opérationnel a chuté de 36% au troisième trimestre.

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