Natixis permet à BPCE de se replacer parmi les grandes banques françaises
Natixis peut se frotter les mains. Après avoir frôlé la faillite en 2009, la filiale du groupe BPCE a fait état hier d’un résultat net de 302 millions d’euros, en repli de 32% mais supérieur au consensus Reuters de 263 millions. Sur l’ensemble de l’année, le résultat se monte à 1,56 milliard d’euros, en baisse de 10%. La banque a provisionné 71 millions avant impôt sur la dette grecque, et le recentrage sur ses métiers cœur de la Coface, sa filiale d’assurance crédit, a eu un impact négatif de 57 millions. Prévoyant de verser un dividende de 0,10 euro, soit un taux de distribution de 24%, Natixis a ramené son ratio de fonds propres durs core tier one sous la version 2.5 des accords de Bâle à 10,2%. Des performances saluées par les investisseurs avec une action qui s’envolait hier de 7% à 2,50 euros.
Globalement, le groupe BPCE a réalisé «des performances opérationnelles très solides compte tenu de l’environnement économique et de marché», s’est félicité François Pérol, président du directoire. Malgré un recul de 27% dû à 723 millions d’euros d’éléments non opérationnels, son résultat net s'élève à 2,6 milliards d’euros, contre 6 milliards et 2,4 milliards respectivement pour BNP Paribas et Société Générale. Hors éléments exceptionnels, le recul se limite à 7%, soit 3,4 milliards d’euros.
Avec 3 milliards d’euros de cessions ramenant son besoin en fonds propres à seulement 700 millions, BPCE affiche un ratio de solvabilité core tier one calculé en Bâle 2.5 de 9,1% et confirme viser un ratio sous la version Bâle 3 supérieur à 9% au 1er janvier 2013. Dans le cadre de la cession de ses activités non stratégiques, le groupe a réitéré sa vocation à se désengager dans la Coface, mais «uniquement dans de bonnes conditions», et n’a pas exclu une cession de Natixis Commodity Markets. Natixis avait indiqué fin janvier prévoir la création d’une banque hypothécaire en Allemagne visant le financement de transactions immobilières commerciales outre-Rhin.
Néanmoins, des incertitudes demeurent. Sous la menace d’une dégradation de deux crans de la note senior Aa3 et de la note intrinsèque de Baa2 de la part de Moody’s, la récente émission d’une obligation senior à échéance 2022 cotant à un spread de 192 pb au-dessus du taux de référence d’«asset swap» illustre «la difficulté du groupe à lever des fonds à un spread raisonnable au vu de la faible rentabilité de ses actifs», estime Aurel BGC.
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