MUFG étanche sa soif de croissance aux Etats-Unis grâce à Deutsche Bank

La filiale locale de la banque allemande cède à celle de la japonaise un portefeuille de créances de 3,7 milliards de dollars dans l’immobilier commercial
Benoît Menou

Les banques japonaises restent à l’affût. Les opportunités de croissance internationale ne manquent pas grâce aux sacrifices consentis par les établissements européens sur fond de renforcement des exigences réglementaires en termes de capital. Le numéro un nippon, Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), a annoncé hier l’acquisition auprès de Deutsche Bank, pour un montant en numéraire non dévoilé, d’un portefeuille de 3,7 milliards de dollars de créances dans l’immobilier commercial aux Etats-Unis. La transaction, qui devrait être finalisée d’ici la fin du trimestre, est réalisée entre les filiales locales des deux géants bancaires, UnionBank côté acheteur et PB Capital côté vendeur. Celle-ci cède également l’équipe et la plate-forme de gestion des actifs.

Deutsche Bank, dont le ratio de solvabilité sous Bâle reste en retrait de ses concurrents, doit diminuer ses besoins en fonds propres. D’autant qu’elle fait face aux Etats-Unis à un risque d’exigence accrue, la Fed ayant publié de nouvelles règles de liquidité et de solvabilité pour les banques étrangères.

UnionBank évoque le rachat de créances «de grande qualité», localisées pour moitié au sein des trois principales agglomérations du pays (New York 35%, Los Angeles 9% et Chicago 8%) et dont 69% ont été émises après 2007. Le portefeuille de 3,7 milliards représente 63% de la valeur estimée des actifs, dans un marché en redressement récemment marqué par un repli des taux de vacance et une stabilisation des loyers.

Mais il ne s’agit que d’une nouvelle étape pour MUFG, qui a fait l’acquisition d’UnionBank en 2008 avec de grandes ambitions. La filiale américaine a clamé hier que sa maison-mère était la mieux placée parmi les banques japonaises pour grandir par son intermédiaire aux Etats-Unis. Après avoir mis la main sur Pacific Capital Bancorp l’an dernier pour 1,5 milliard de dollars, le prédateur «lutte (pourtant) pour dénicher de bonnes et grandes cibles», selon l’analyste Shinichiro Nakamura de SMBC Nikko Securities, qui relève que le portefeuille de PB Capital est de taille modeste rapporté aux actifs de MUFG.

Le volume de prêts hors du Japon de cette dernière a bondi de 20% sur un an à fin décembre dernier, à 21.900 milliards de yens, l’équivalent de 170 milliards d’euros. Et si la part de ces prêts a bondi de 4 points en un an à fin septembre au sein des trois principales banques japonaises, elle reste limitée à 20%.

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