Moody’s distribue les mauvais points aux grandes banques mondiales
Moody’s a rendu son verdict. Au terme d’une revue entamée en février et dont les conséquences devaient être publiées avant fin juin, l’agence a sévi hier soir en abaissant, en «repositionnant» selon son propre terme, de 1 à 3 crans la note de 15 des principales banques mondiales. Une décision anticipée dans ses grandes lignes. En cause, l’implication des banques sur les marchés mondiaux de capitaux. Pour le responsable de la notation bancaire au sein de l’agence de notation Greg Bauer, cité dans le communiqué, «toutes les banques concernées par l’annonce d’aujourd’hui ont une exposition significative à la volatilité et au risque de pertes majeures inhérentes aux activités de marchés de capitaux». Greg Bauer reconnaît tout de même que les autres activités de banques peuvent constituer d’«importants absorbeurs de chocs».
En février, Moody’s avait annoncé devoir mener une revue générale des notations car elles ne reflétaient pas à ses yeux la dégradation des conditions de financement, l'élargissement des spreads de crédit, le durcissement de la réglementation ou la détérioration des conditions d’activité. 17 banques avaient été placées sous revue, et Moody’s a depuis déjà abaissé les notes de Nomura et de Macquarie.
Outre certains ajustement sur les notes à court terme, Moody’s a abaissé d’un cran la note à long terme sur la dette senior pour 4 établissements, 10 subissant une baisse de 2 crans et 1 de 3 crans, à savoir Credit Suisse (à A2). BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole font partie des élèves punis, les trois banques françaises affichant désormais une notation identique à A2. La Société Générale cède ainsi un cran, contre deux pour ses concurrentes, alors que seule la note du Crédit Agricole est assortie d’une perspective négative, contre une perspective stable pour ses concurrentes. BNP Paribas a formellement réagi en indiquant que cette décision «était anticipée puisque Moody’s avait place BNP Paribas sous revue pour un éventuel abaissement pouvant atteindre deux crans».
UBS, RBS, HSBC et Deutsche Bank ont également vu leurs notations abaissées, tout comme notamment Morgan Stanley et JPMorgan. Les notes de Citigroup et de Bank of America ne se situent désormais à Baa2 plus qu’à deux crans de la catégorie spéculative, Moody’s conservant qui plus est une perspective négative sur la note.
Plus d'articles du même thème
-
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026. -
Au Royaume-Uni, Andy Burnham défie Keir Starmer
Le maire travailliste du Grand Manchester, qui vient d’être élu à la Chambre des communes, jouit d’une popularité bien plus forte que l’actuel premier ministre, qu’il pourrait pousser vers la sortie. Keir Starmer compte, quant à lui, résister. -
«Seule une reprise plus marquée de l’économie européenne pourrait justifier une appréciation de l’euro-dollar à 6 mois»
Olivier Guillou, directeur de la gestion chez Ecofi.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter