Monte Paschi s’oriente vers une solution étrangère
La recapitalisation de Monte dei Paschi di Siena (MPS) pourrait ne pas passer par une solution italienne. Antonella Mansi, la présidente de la Fondation Monte dei Paschi, actionnaire de référence de la banque transalpine, a indiqué mardi soir qu’elle menait des discussions principalement avec des investisseurs étrangers pour leur vendre ses parts.
En outre, elle affirme ne pas être en contact avec d’autres fondations bancaires italiennes. Particularité du capitalisme local, les établissements financiers sont pour la plupart contrôlés par des fondazioni, qui mélangent activités philanthropiques et actionnariales. Mi-janvier, la fondation Cariplo – la Caisse d’épargne de Lombardie – avait démenti étudier l’entrée au capital de MPS.
L’actionnaire, qui détient une participation de 33,5% de MPS, a absolument besoin de fonds propres pour rembourser une dette de 450 millions d’euros et éviter d’être déclarée insolvable. Un besoin que partage MPS elle-même: alors que la Commission européenne exige en effet que la banque rembourse les 4,1 milliards d’euros d’aides publiques d’ici à la fin de l’année, elle fait face à une pénurie de capital de 3 milliards d’euros.
Cette double nécessité a provoqué un conflit d’intérêts. Alors que MPS a besoin d’argent frais au plus vite, la fondation veut se donner du temps pour réaliser la meilleure cession possible. Fin décembre, elle avait repoussé d’au moins trois mois l’augmentation de capital de la banque prévue en janvier, afin d’éviter une trop forte dilution de sa participation – désavouant au passage les dirigeants de MPS.
Si Antonella Mansi n’exclut aucun type de repreneur a priori, elle favorise un ou plusieurs acquéreurs du même secteur – par opposition à un fonds d’investissement. La solution idéale préconisée par la présidente serait que la fondation conserve une participation résiduelle dans MPS et participe ensuite à l’augmentation de capital de celle-ci.
La fondation a nanti la majeure partie de sa dette avec sa participation dans l’établissement. Selon des sources bancaires citées par Bloomberg, la douzaine de banques créditrices mettraient la main dessus si le cours de l’action tombait sous la barre des 12,8 centimes.
La confirmation de la conduite de négociations avec des repreneurs a redonné hier de l’intérêt au titre. Il a terminé la séance en hausse de 2,73%, à 17,31 centimes.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester